#3: Courir le marathon et apprendre des langues [2]

Dans ce nouvel épisode du Podcast de LingQ en français, Lauriane de « Marathon des langues » nous parle du lien entre le sport et l’apprentissage des langues étrangères. Vous allez découvrir pourquoi courir le marathon permet de mieux apprendre des langues étrangères, la clé pour avoir des résultats en sport et en langues et Lauriane nous donne ces meilleurs conseils pour apprendre une langue rapidement…

“OK, comment je parle au passé?” donc tu vas aller chercher l’information.

Et cette fois ci, tu vas l’assimiler.

Tu vas bien la comprendre et tu ne seras plus dans le schéma d’illusion d’apprentissage

comme on pouvait l’être avant, en disant “non mais ça je l’ai compris.”

Sauf que quand tu passes à l’oral, tu n’arrives pas à le mettre en place.

Et je reprends une phrase de mon prof de guitare

qui m’a dit un jour “Quand l’élève pose la question, c’est qu’il est prêt à recevoir la réponse.”

Et c’est là où il y a tout le jeu de la compréhension qui se met en place et donc de mémorisation.

Et d’assimilation des règles grammaticales. Quand on parle de la grammaire.

Et ça, c’est vraiment intéressant ce que tu dis

parce que c’est vraiment quelque chose qui est flagrant quand on parle du sport.

On sait que si tu veux te mettre au sport, il faut commencer.

Tu ne vas pas attendre sur ton canapé d’être en pleine forme avant de courir le marathon.

Tu va t’entraîner tous les jours un petit peu

Et tous les jours, tu vas aller un peu plus loin, jusqu’à atteindre ta destination, ton objectif.

Et on fait beaucoup cette erreur en langue étrangère.

C’est où, justement, on attend tout simplement d’être parfait.

On attend toujours et du coup, on peut attendre toute notre vie parce qu’on ne sera jamais parfait.

parce que c’est impossible de maîtriser une langue à la perfection.

Même notre langue natale, on ne la maîtrise bien souvent pas à la perfection.

Donc, c’est une des grandes erreurs qui bloque beaucoup de personnes.

Et c’est intéressant parce que toi…

Tu fais vraiment le parallèle entre le sport et les langues étrangères.

Je pense que c’est vraiment quelque chose d’intéressant parce que ça se rejoint beaucoup.

Et pourquoi tu as décidé vraiment de faire ce parallèle entre les langues étrangères et le sport ?

Eh bien, tu as tout dis en fait, c’est exactement ça.

C’est à dire que le sport, c’est tangible, c’est visuel, on le voit très bien.

Si tu prépare un marathon et que tu ne vas pas courir

que tu regardes les autres courir, tu n’aura pas les résultats.

Et dans les langues, c’est quelque chose qui est intangible, on ne se rend pas forcément compte.

Mais c’est exactement la même pédagogie.

Et effectivement… et moi…

Ce que j’ai trouvé le plus efficace, c’est de reprendre toute la stratégie…

justement, de la préparation d’un marathon pour l’apprentissage d’une langue.

Donc, par exemple, tu vas voir le coach qui est là pour te botter les fesses.

Donc, ça, c’est mon rôle avec mon équipe.

Donc, dès qu’on a une baisse de motivation

on est là pour remettre un coup de pied aux fesses.

T’as toute la team, toute l’équipe qui est là et qui prépare le marathon avec toi.

Quand tu as besoin de te taper trois heures de course

pour préparer ton marathon sous la pluie

je peux te dire que c’est plus facile de le faire avec ta team que de le faire tout seul.

Et nous, c’est pareil. C’est ce qu’on a fait aussi.

On a créé une communauté bienveillante où chacun s’entraide et relève les défis ensemble.

Et enfin, tu as le plan de l’entraînement, c’est à dire que tu as une vision.

Tu sais exactement par quelles étapes tu vas passer.

Tu sais que la première semaine, tu vas faire tel entraînement

la deuxième semaine tel entraînement, etc.

Et dans le marathon d’Anglais, c’est ce qu’on fait aussi.

C’est qu’on sait où on va.

On a un chemin et tu as des jours où tu n’auras pas envie d’aller courir.

Il y a des jours où tu vas dire “Oh lala, j’en peux plus, je n’ai jamais couru de ma vie”

Et c’est la même chose dans les langues.

Tu auras l’impression qu’il y a un jour où tu te sens fluide

et le lendemain tu te dis, “Mince, ça bloque là, ça ne sort plus. Pourquoi?”

Mais quand tu as le plan d’entrainement tu sais que c’est OK.

“Je sais que je suis dans une phase de down.”

“Je n’ai plus qu’à appliquer la suite.”

“On avance et je sais qu’il y aura des résultats.”

Il y a ça et tu as aussi la date échéante qui est hyper importante.

Tu sais quand le marathon aura lieu.

Donc tu sais que t’as pas le choix, tu vas aller t’entrainer toutes les semaines

et avec les langues, c’est la meme chose

si tu n’as pas de projet au bout, si tu n’as pas une date.

Mais les jours où tu n’as pas envie, tu ne vas pas le faire.

C’est là où la fameuse procrastination

prend place et t’empêche du coup de passer à l’action.

Oui, je pense que la courbe d’apprentissage est semblable dans le sport et dans les langues .

parce que c’est un peu la même, au début tu es motivé après tu as la phase de plateau.

Beaucoup de gens abandonnent.

Et après si tu arrives à passer cette phase de plateau

Tu peux continuer jusqu’à atteindre ton objectif.

Et ce qui est intéressant, le parallèle, encore une fois entre les sport et surtout le marathon et les langues.

C’est que c’est un peu pareil; c’est qu’au début, ce n’est pas quelque chose…

On va pas éprouver du plaisir, par exemple, à courir 30 km au début.

Et c’est pareil quand on commence à apprendre une langue.

Au début, c’est difficile, on ne comprend pas.

On est dans un univers totalement extraterrestre

et c’est pourquoi ça peut être assez… voilà…

Je pense que c’est un monde parallèle, les langues et le sport parce que les difficultés sont différentes.

Mais la courbe, est assez pareille. Est-ce que tu es d’accord avec ça?

Totalement, totalement! C’est que…

Au début, moi, l’image que je donne aussi, j’aime beaucoup parler en images.

C’est, du coup, je ne sais pas si ça va bien parler en audio, mais c’est l’image de l’océan.

Quand tu arrives dans l’océan, au début, tu mets tes orteils, c’est bon..

J’y vais, je n’y vais pas, je ne sais pas trop, tu rentre dedans.

Et là, tu as une phase de vagues blanches qui n’est pas très large.

Et là, c’est un moment où tu dois être sur tes deux jambes très solides pour ne pas tomber.

parce que c’est un endroit où ça pousse d’avant en arrière

et c’est la phase pas forcément très, très agréable.

Et dans les langues, c’est la même chose.

Tu sais, c’est la phase A1-A2 où tu apprends les fondamentaux.

Et quand tu vas passer à l’oral, tu vas parler à la Tarzan parce que tu vas associer des mots

mais tu vas te planter sur la conjugaison, etc.

Donc, ce n’est pas forcément le plus agréable

mais une fois que tu serres les dents, que tu t’accroches pendant cette période.

Tu sais que derrière, tu sais que cette période est vraiment très courte.

Tu passes derrière et tu arrives sur l’océan qui est plat.

Tu as un océan de possibilités, justement.

Et là, c’est comme quand tu arrives sur le niveau bien.

Donc c’est là où tu commences à t’amuser parce que tu peux communiquer.

Même si ce n’est pas parfait.

Tu peux parler un peu de tout. Tu peux échanger et comprendre.

Tu peux avoir une connexion en fait avec les gens.

Et voilà, c’est une image que j’aime bien donner où oui, la phase d’apprentissage…

Tu as un début ou tu es généralement hyper enthousiaste.

Tu sais tu achètes toutes les ressources et tu es hyper content.

Mais au final, après, tu commences à voir qu’il y a des obstacles

et qu’il y a de petites croyances limitantes qui reviennent.

Du coup, tu te dis est-ce que je vais y arriver? et là, tu as quelqu’un qui te rebotte les fesses.

“On y retourne!” et ce n’est que ça, en fait, c’est des hauts et des bas.

Et effectivement, la courbe est “up and down”.

“Up and down yeah!”

Mais après? Personnellement? Qu’est ce que les langues t’apportent personnellement?

Pourquoi tu mets autant à apprendre les langues? Niveau enrichissement personnel…

Alors ça c’est… ça c’est…

J’adore cette question parce que c’est justement… ça évolue tout le temps.

C’est que, justement, j’ai eu une grosse prise de conscience dernièrement.

C’est que déjà, pour moi…

Apprendre une langue, c’est un chemin de développement personnel.

C’est pour ça que dans nos programmes, c’est encore une fois une de nos spécialités.

On s’appuie sur les leviers du développement personnel pour enlever les blocages.

Et moi, ce que j’en tire et ce que j’ai compris dernièrement…

C’est que, moi, ce que j’aime, c’est vraiment la connexion à l’être humain

Là, je suis, pas mal parti en voyage dernièrement.

Et à chaque fois que je pouvais parler avec les locaux

que ce soit dans le taxi, tu sais, souvent, c’est les situations classiques

dans le taxi ou dans les petits restaurants, dans les petits bars, etc.

Eh bien tu apprends à te connecter à la personne et à sa culture

à comprendre comment ça se passe dans son cerveau.

Et je trouve que ça te donne une claque d’humilité incroyable.

Et c’est juste. Ça me fait pétiller, quoi! Ça me met en joie.

J’adore ça!

Oui, ça, c’est la finalité.

Et pendant longtemps, ça s’est pareil, je l’ai compris il y a peu de temps.

Le démarrage des langues, comme je disais, ça a été difficile pour moi.

Et moi, c’était pour me prouver à moi même que j’étais assez intelligent.

Ça, c’est une croyance limitante que j’avais aussi à me dire:

“Mais non tu n’es pas assez intelligent, il faut que tu fasses plus”, tu vois? “Tu es plus dans le combat.”

J’ai démarré par par cette manière de faire, d’être dans le combat

et là, depuis que j’ai lâché ça… à dire:

“Mais en fait, je n’ai rien à prouver.”

“Je n’ai rien à me prouver à moi ni aux autres”

et je me suis plus reconnectée au plaisir d’apprendre.

Ça m’a allégé.

Donc, c’est vraiment très personnel

selon chaque personne et je pense que ça te pousse à une introspection

à laquelle tu ne t’attends pas forcément quand tu apprends des langues

Oui, et tu n’as même pas besoin de parler forcément couramment la langue pour avoir cette introspection

Des fois, juste les fondamentaux, ça te permet de te connecter; par exemple je suis en Turquie.

Alors je ne parle pas turc, j’ai appris quelques phrases de base, etc.

Mais juste ça.

Ça te permet d’avoir une certaine connexion avec les gens.

Et les gens apprécient quand tu fais l’effort d’apprendre leur langue, ça permet d’avoir…

Moi ce que je dis souvent, c’est que quand tu apprends une langue, c’est un voyage total en fait.

C’est que vraiment tu rentres en immersion dans l’univers des gens.

Ça te permet de voir le monde avec de nouveaux concepts, en fait.

Et c’est pourquoi moi, personnellement aussi j’aime apprendre les langues étrangères.

Et comme là je parle justement avec un Turc, on en parlait justement des langues étrangères

Il me disait qu’en Turc on dit ça en rigolant souvent, enfin, ce n’est même pas Turc tu vois?

Je ne sais pas si ça vient de Turquie mais on dit souvent que:

Quand tu apprends une langue, tu es une personne, quand tu connais deux langues, tu es deux personnes

Quand tu connais trois langues tu es trois personnes.

Est-ce que tu es d’accord avec ça?

Mais oui, justement, j’en parlais il y a pas très longtemps.

C’est que je ne sais pas si tu ressens ça aussi.

C’est qu’à chaque fois que je passe d’une langue à l’autre

J’ai l’impression d’être une personne différente.

Par exemple, en français

Quand je parle français, moi, je suis quelqu’un plutôt introverti.

Ce n’est pas moi qui va aller vers les gens et qui va déclencher une conversation.

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