Is France anti-business?

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S.K.: Bonjour Henry!

H.: Bonjour, Steve!

S.K.: Comment ça va aujourd’hui?

H.: Bien.

Il y a un peu de pluie, mais ça va bien.

S.K.: Ah, oui? Il pleut à Vancouver?

H.: Oui. Incroyable! (rire)

S.K.: Incroyable!

Ce matin, je lisais le journal, puis il y avait un article… une article…

H.: Un article.

S.K.: Un article, qui discutait de… bon, la mentalité ou l’attitude des Européens, et surtout des Français et des Allemands, vis-à-vis le commerce, le business, etcetera.

Et l’article disait que c’est dans le système, enfin, de… de l’éducation, c’est… c’est dans les écoles et dans les… les textes scolaires que les enfants, les jeunes Français et les jeunes Allemands, apprennent que le business, c’est pas bon.

Que ça équivaut à une globalisation à la McDonald, que ça amène toutes sortes de problèmes écologiques etcetera, et tous les maux dans le Monde proviennent de ce capitalisme américain et que, enfin, en Europe, c’est mieux.

Enfin… l’article exagérait, mais est-ce qu’il y a un… est-ce que… est-ce qu’il y a de… du vrai là dedans?

H.: Je pense… je ne pense pas que ce soit vraiment le système éducatif, je pense que c’est plus la société en… je ne connais pas l’Allemagne, mais j’imagine que c’est assez similaire.

J’imagine que c’est plus la société Française qui est comme ça.

C’est vrai qu’en France, on n’a pas une attitude très positive vis-à-vis du business.

Il y a une espèce de culture anti… un petit peu anti-capitaliste.

Par exemple, récemment, il y a eu la fraude à la Société Générale, le « trader » Gérôme « je-ne-sais-plus-comment » qui a… qui a perdu cinq milliards en faisant une erreur monumentale et, il faut savoir qu’il est perçu un petit peu comme un héros en France, comme quelqu’un qui a un petit peu exploité le système, comme quelqu’un de malin, alors que je… je pense que c’est plus quelqu’un qui a fait une énorme erreur et qui doit pas du tout être considéré comme tel.

Mais il est… en tout cas, ce personnage est très sympathique apparemment aux yeux des Français.

Et, c’est vrai que, en France, on n’a pas une attitude très positive vis à vis du business surtout du business à l’américaine.

Les McDonalds ne sont pas du tout bien vus, en France.

C’est… ils sont beaucoup plus contrôlés, par exemple, que les autres restaurants au niveau sanitaire, au niveau du travail, beaucoup plus que les autres restaurants.

C’est un petit peu surprenant!

Mais c’est comme ça.

Et, oui, je pense que les Français sont pas… ont pas une attitude très, très positive en tout cas au niveau du… du business, du commerce.

Ils sont pas… ils ont pas tendance à aller faire comme aux Etats-Unis où on va monter une entreprise comme ça et…

S.K.: Mais je crois… bon, d’abord, le fait qu’on n’aime pas McDonald… Moi aussi, je n’aime pas McDonald.

On n’est… enfin, je n’aime pas manger chez McDonald mais ça ne veut pas dire que je suis contre les gens qui y vont manger.

C’est… c’est leur décision.

Et, je dois dire aussi que quand je vois McDonald au… dans le quartier Latin ou à Rome ou à Pékin, dans des… des environnements culturels historiques qui ont beaucoup de valeur etcetera, ça me gène.

H.: Oui.

S.K.: Ah, ça, je suis absolument d’accord.

Mais c’est pour ça… c’est pas pour autant que je suis contre le… le business, contre le commerce, contre tout ce qui fait fonctionner finalement notre société.

H.: Oui.

Mais, les…les Français, je pense aussi les Allemands, ont plus… ont moins une mentalité « entreprenariale ».

Surtout… c’est surtout dû au fait que les… les entreprises qui marchent bien, à la base, sont des immenses entreprises, par exemple dans tout ce qui est le domaine de la défense, il y a de très gros conglomérats en France qui… qui emploient énormément de gens et c’est des énormes entreprises, c’est pas tellement… on n’a pas tellement d’emprise sur… sur ce genre d’entreprise, par aill… Y a les gros constructeurs aussi, les gros constructeurs automobile, surtout les Allemands qui sont très, très connus.

C’est des entreprises qui sont très importantes et c’est vrai que … les… je pense les Français… les Allemands se complaisent plus dans ce genre de grosses entreprises plutôt que d’essayer de…de monter des petits commerces, de…

S.K.: Et pourtant, la France, les petites et moyennes entreprises, ils sont très importantes, quoi… Comme embauche, comme… enfin, ils… la plupart des emplois sont dans ce secteur là, je crois.

H.: Mais, je pense que les… pour les Français, par exemple, le fait d’ouvrir une boulangerie, pour eux, c’est pas forcément du business ça.

Ils ne se rendent pas tellement compte que, une boulangerie, effectivement, c’est du business, et il faut le considérer comme tel, mais c’est quelque chose de plus petit, de plus respectables pour eux.

S.K.: Oui mais quand je vois, par exemple, quand on étai… on était en France avec… avec mon épouse, on allait au… chez Leclerc.

Bon, Leclerc, aujourd’hui, c’est très grand mais j’imagine que… il y a un jour il y avait un monsieur Leclerc qui a monté une épicerie et puis finalement c’est devenu ce qui est maintenant Leclerc à… à travers la France.

Donc, il doit y avoir quand même des… des petites sociétés qui réussissent, en France.

H.: Oui, oui.

Il y en a, il y en a. Mais je crois que les statistiques… les entreprises qui se montent en France, il y en a très, très peu par rapport à un pays comme… comme les Etats-Unis où là, il y en a énormément ou même je pense que le Canada est très, très loin devant la France et sans doute l’Allemagne, pour ce qui est de monter des entreprises.

S.K.: C’est bizarre.

Par exemple, je sais qu’en Allemagne, il y a beaucoup de… d’entreprises dans les petites villes qui sont spécialistes dans des machines-outils et qui ont des… des… des ma… des marchés niche à travers le Monde.

Donc, c’est des sociétés avec beaucoup de traditions qui sont souvent des sociétés familiales.

Et j’ai connu auss… aussi des sociétés, parce que je suis aussi dans le bois, des sociétés qui sont dans… dans le bois qui sont des sociétés familiales mais qui sont très sophistiquées et qui… qui sont ouverts sur tout le Monde, qui vont chercher du bois au Brésil, en Indonésie etcetera.

C’est des gens qui sont très entrepreneurs.

Mettons, je ne crois pas forcément que les Français soient moins entrepreneurs que d’aut… que les autres.

H.: Oui, le… le…Je… je pense qu’il y a deux choses à… à différencier.

Parce que, j’imagine que, en effet, il y a beaucoup d’entreprises en France, en Allemagne, qui marchent bien mais je pense que c’est plus au niveau de la création d’entreprises.

Ce qui faut… ce qu’il faut savoir c’est que la plupart des ind… des petites entreprises meurent dès leur première année.

Et, je ne sais pas… je ne sais pas que… dans quelles proportions il y a un bon… un grand renouvellement des… des petites et des moyennes entreprises.

Je pense qu’il y en a assez peu qui sont créées et qu’elles se débrouillent assez bien, et, contrairement, je pense, aux Etats-Unis où il y en a beaucoup qui sont créées et beaucoup ne marchent pas et… Je pense que c’est… c’est plus à ce niveau là que ce fait la différence mais je n’ai pas de chiffres en tête ou… c’est mon… mon opinion personnelle et, donc, je ne saurais pas être vraiment affirmatif là-dessus.

S.K.: Je… Il faut dire que, il y a beaucoup de cultures et beaucoup de sociétés où on a tendance à mépriser le commerce.

Que ce soit la… la culture Chinoise ou, enfin partout, même dans les… enfin les anciennes cultures classiques, c’était toujours soit le guerrier, soit le… enfin, comment dirais-je, le… enfin le prêtre.

H.: Oui!

S.K.: Le guerrier et le prêtre, celui qui savait lire et écrire, donc le… le savant ou voilà.

Et puis, finalement, le…le businessman de l’époque, il était méprisé, bien que, lui, il vivait bien mieux que les autres.

Et contribuait peut-être d’avantage à l’avance de la société.

H.: Oui, je pense qu’il y a encore beaucoup de ce genre d’opinion là… de ce genre d’opinion là en Europe.

Notamment, il faut savoir que, Berlusconi en Italie, n’est pas du tout apprécié en partie parce que il est… c’est un entrepreneur et beaucoup de… la classe politique européenne ne l’aime pas beaucoup justement parce qu’il vient de cette… parce que c’est un entrepreneur, ce n’est pas un homme politique comme les autres.

Après, on peut ne pas l’aimer pour d’autres raisons mais je… Apparemment, ça participe beaucoup au fait que pas mal de gens n’ont pas une oppression… une opinion très politique… une opinion très positive de lui.

S.K.: Oui, enfin.

Parce que, bon… Si on voit… si on n’est pas… Parce que maintenant pour, le moment, le moteur de… de… du développement, c’est… c’est… c’est l’industrie privée finalement.

Bien qu’il y ait des subventions, bien sur… Avec subven… Qui dit subvention dit gaspillage.

Hein?

Presque forcément.

De mon avis, de mon expérience.

Parce que les gouvernements essaient de… de stimuler de… du développement et, selon les pressions qu’ils reçoivent de leurs amis…

H.: On ne met pas toujours l’argent là où il faut.

On essaye, mais c’est pas… c’est vrai que c’est pas évident.

S.K.: Tout ce qui sonne bien et surtout que si c’est une région… ou soit que c’est une région défavorisée ou une région où le… le politicien local a beaucoup d’influence, enfin… Et même dans l’Histoire, enfin, l’écriture, si on regarde le développement de l’écriture et de la civilisation en Égypte ou en Sumer, à Akkad, etcetera, c’est pour… c’est pour la comptabilité qu’on a développé l’écriture.

Et c’est souvent les… les hommes d’affaire, les gens qui avaient de l’argent qui ont soutenu les… les créations artistiques et culturelles.

Donc, je… j’ai souvent pensé que cette… ce mépris pour le commercial, est-ce que ce n’est pas, dans un sens, une espèce de envie, de jalousie de la part de certaines personnes envers d’autres?

H.: Oui, bien, j’imagine qu’il y a effectivement toujours un peu de jalousie.

On est… quand on voit qui a une belle maison, une belle voiture, bien, on est toujours un peu envieux.

Mais il y a aussi… je pense, pour le cas de la France, il y le fait que, pour surtout en Allemagne et en France, quand on a un emploi, on essaie de l’avoir à vie.

On… on estime que son emploi fait partie de sa vie et que de se faire licencier ou de devoir changer de travail, c’est pas quelque chose de normal.

Ça change beaucoup puisque maintenant avec les… la nouvelle génération, il est très rare de… de rester plus d’une dizaine d’années dans le même emploi.

Pour ma part, je n’ai déjà resté un an dans la même… dans la m… au même emploi, ça été… ça a été assez, ça pas été si courrant.

Pendant… deux entreprises où j’ai été, je suis resté plus d’un an, sinon ça a été beaucoup plus court.

Donc, c’est aussi… c’est aussi l’air du temps, c’est la… L’air du temps change et je pense que les… les Français ont beaucoup de mal à… à s’y habituer.

Beaucoup de jeunes actuellement espèrent pouvoir avoir un emploi et le garder toute leur vie, jusqu’à la retraite, ce qui, à mon avis, est un petit peu illusoire de nos jours car le Monde… le Monde change et va très, très vite et c’est les… les contraintes économiques sont telles que, on a… on a toujours un peu de mal à… à pouvoir rester tout le temps au même endroit.

Le monde bouge et c’est vrai que c’est… ça retire un certain confort mais, en même temps, ça permet de voir d’autres horizons.

Si jamais… si jamais j’avais été dans une carrière qui aurait duré trente ans, jamais je serais venu au Canada.

S.K.: Mais… voilà.

On a parlé de la France et de l’Allemagne qui sont les deux pays les plus… on peut dire, les plus importants en Europe au point de vue économie, enfin, envergure etcetera, et influence.

Mais les petits pays maintenant.

Les pays, par exemple, les anciens pays de l’Est ou les pays scandinaves, les pays baltes, etcetera, tchèques, république tchèque, etcetera.

Ils semblent être… de… de… enfin, ils semblent avoir un esprit différent, peut-être plus entrepreneur, plus original, moins bureaucratique, surtout ceux qui sortent de… d’un régime communiste.

Je me demande si ces pays-là vont pouvoir influencer l’Europe.

H.: Oui… J’imagine que… j’imagine que oui.

Parce que c’est vrai que, de ce qu’on… de ce qu’on… ce qu’on… de ce que j’avais lu et entendu, il y a pas mal de petites entreprises et il y a beaucoup de… de… de… justement d’entreprises des pays de l’Est qui essayent de conquérir le marché… le marché européen qui… qui est un petit peu… parfois un petit peu statique sur certains points.

Il y a eu une… il y a quelques années on voulait ouvrir les frontières pour… pour que tout le monde puisse aller travailler partout en Europe.

Et, en France, il y avait la « peur du plombier Polonais ».

Ce qui est assez paradoxal parce qu’en France on manque vraiment de plombier.

Quand on veut ach… quand on veut appeler un plombier en France ça coûte très, très cher et si il veut bien se déplacer c’est parfois assez incroyable.

On l’appelle et il dit « Ah, non!

Je… j’ai pas le temps, j’ai pas envie… Appelez quelqu’un d’autre.

» Et… et pourtant, ça fait peur les… les… aux Français le fait que des gens des pays de l’Est puissent venir travailler et faire du commerce… du commerce chez eux.

S.K.: Mais, il ne s’agit pas uniquement d’un… de main-d’œuvre bon marché parce que, par exemple Skype, que nous utilisons beaucoup, ça a été développé en Estonie…

H.: C’est possible…

S.K.: … avec… avec des Suédois.

Bon, en ce qui concerne les… les technologies de… de… de grande, enfin, échelle comme les… les trains à grande vitesse où la France est en tête de ligne etcetera, l’aviation et tout… Et bien sur que… il y a beaucoup de… de… de… comment… d’a… d’acquis, enfin, il y a beaucoup de traditions et de… de main-d’œuvre qualifiée et d’industries très, très bien, enfin, développées en France.

Mais pour les… pour ce qui est le… les… cette nouvelle économie, je me demande si les Allemands… je crois qu’il doit y avoir quand même pas mal beaucoup d’en… de petits entrepreneurs en France et en Allemagne qui malgré tout développent dans ce secteur aussi.

H.: Oui.

Je pense qu’il y en a nettement plus en Allemagne.

Il y a éno… j… j’ai… j’ai pas… c’est une impression que j’ai mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus d’entreprises Allemandes dans ce domaine là.

Effectivement, il y en a en France.

Il faut savoir que la France produit énormément d’ingénieurs mais ils… qui… qui ne font pas tous malheureusement du travail d’ingénieur.

C’est un petit peu dommage en France mais on pourrait avoir un bon potentiel à ce niveau là et j’imagine qu’en Allemagne aussi.

Il y a effectivement, ça se développe un peu partout la nouvelle économie, c’est pas… c’est pas uniquement la Silicon Valley et l’Inde, c’est partout.

S.K.: Bien sur…

H.: Mais, oui, j’imagine que en… il y a pas… pas mal de petites entreprises en France qui développent… qui sont… qui développent des produits vraiment très innovants.

Il y a… j’ai quelques amis qui travaillent dans des entreprises comme ça, mais elles sont… elles sont plus difficiles à trouver, c’est plus compliqué de trouver des petites entreprises innovantes, des « start-ups » comme on dit.

À Vancouver, par exemple, c’est beaucoup plus simple.

J’ai pas eu à beaucoup chercher pour en trouver alors que quand j’étais… quand j’étais à Paris, alors que c’est la meilleure ville pour ça, j’ai eu énormément de mal à pouvoir travailler comme ça dans des petites structures innovantes où on a une emprise sur.. sur la technologie et on peut aller de l’avant.

S.K.: Voilà!

Bon, on a fait un petit tour d’horizon.

C’est beaucoup de sujet, comme d’habitude.

H.: Oui.

S.K.: Merci beaucoup.

H.: Merci Steve.

S.K.: … faut pas que ce soit trop long… Merci beaucoup.

H.: Au revoir.

S.K.: Au revoir.

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