Marianne a tutor at LingQ

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S.: Bonjour Henri!

H.: Bonjour Steve!

S.: Qu’est-ce qu’on va discuter aujourd’hui?

H.: Ah, il y plein de choses dont on peut discuter mais on pourrait un peu parler de culture, par exemple.

S.: Bien oui, parce (qu’on a eu) des auditeurs qui nous ont demandé si on ne pouvait pas parler un peu de la culture moderne en France.

Je ne sais pas ce que ça veut dire, la culture moderne.

H.: Ah, je pense que ça peut vouloir dire ce qui se passe… les films, les chanteurs qui marchent bien, qu’est-ce qui… la culture!

S.: La culture.

H.: Ça peut être assez large!

S.: Oui, oui.

Bien, par exemple, les films… il n’y a pas… il me semble qu’avant il y avait beaucoup plus de films français qui passaient ici au Canada, soit au théâtre, au cinéma, soit à la télévision, et maintenant il y en a moins.

Il y a beaucoup plus de films espagnoles, enfin, autres.

Il me semble qu’il y a moins de films français.

H.: Oui.

Mais je sais que (les films) espagnols marchent très fort en ce moment dû au fait surtout que, bien, ils ont beaucoup plus (de liberté) depuis que Franco est parti.

(Je pense qu’on voit ça) seulement maintenant parce que, forger (tout un) environnement cinématographique, ça prend énormément de temps.

La culture, (ça ne se fait pas) en quelques années; ce n’est pas comme l’économie où on peut voir un changement énorme en quelques années.

Je pense que la culture, ça prend beaucoup plus de temps.

Mais c’est vrai que (, par rapport aux Etats-Unis,) les films français ont toujours assez bien résisté mais, (par rapport aux autres pays européens), par exemple le cinéma allemand, je crois, est un petit peu mort, le cinéma italien…

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S.: Ah, oui!

Mais ça l’a toujours été.

Enfin, je ne me rappelle pas d’avoir vu des films allemands…

H.: Oui…

S.: … alors que les films français, enfin, il y a des acteurs comme Depardieu…

H.: Oui!

S.: … voilà, et puis Catherine Deneuve, enfin, Alain Delon là, avant, enfin, il y a toujours eu des vedettes de cinéma français qui étaient bien connues.

Et même des régisseurs qui étaient très bien connus.

On a eu…

H.: Des régisseurs?

Des…

S.: Enfin, c’est-à-dire des, comment dit-on…

H.: Des metteurs en scène.

S.: … metteurs en scène!

Comme, voilà, oui, metteurs en scène, comme on a eu, enfin, la nouvelle vague là… Jules et Jim.

C’était peut-être le premier film français que j’ai vu, là, quand j’étais jeune.

Mais aujourd’hui, là, est-ce qu’il y a des films qui sont très populaires, là, récemment en France?

H.: Ah!

Il y a un film qui vient de sortir, il n’y pas très longtemps, qui s’appelle « Bienvenu chez les ch’tis ».

Les ch’tis c’est les gens qui habitent dans la région Nord.

C’est une région assez particulière puisque c’est une ancienne région ouvrière; il y avait beaucoup d’industries, il y a beaucoup de mines, là-bas.

Et c’est un film qui, apparemment, marche très, très fort et qui est même en passe de détrôner « La grande vadrouille » qui était un film très, très populaire.

C’est, je crois, un film qui passe quasiment tous les ans à la télévision en France.

Et, apparemment, ce film, « Bienvenu chez les ch’tis », est en passe de faire mieux que « La grande vadrouille ».

Ce qui est assez exceptionnel.

S.: Et de quoi s’agit-il dans ce film?

H.: (C’est une personne qui habite) dans le Sud de la France et, donc, il parle un petit peu des préjugés que les gens du Sud ont par rapport au Nord; il y fait très froid, qu’il y pleut tout le temps et…

S.: Et c’est pas vrai?

H.: Il fait froid, il pleut assez souvent mais ce n’est pas… Je veux dire, c’est comme ici à Vancouver, il pleut souvent mais la vie est très agréable quand même, donc ce n’est pas…

S.: Oui…

H.: Je veux dire, (si jamais le beau temps était) le seul facteur important, personne n’habiterait au Canada ou… tout le monde habiterait sous les Tropiques!

Mais, non, ce n’est pas le cas.

Il y a beaucoup d’autres facteurs et ça parle un peu (de la culture de) ces gens du Nord (qui est une culture un peu) ouvrière, un peu… un peu brut de fonderie et, pour avoir vu le film, je l’ai trouvé vraiment, vraiment très bien fait.

(C’est) une comédie.

La comédie n’est pas exceptionnelle mais on s’amuse bien.

Mais c’est vrai que c’est très agréable de découvrir un petit peu cette culture des gens du Nord qui ont une espèce de dialecte assez particulier qui s’appelle le ch’ti, d’ailleurs.

S.: Oui.

H.: Et c’est vraiment…

S.: Et, donc, ce n’est pas… ce n’est pas des Normands, donc.

H.: Non, non, non!

S.: Les ch’tis, c’est plus au Nord que, enfin…

H.: Plus au Nord, oui.

C’est les gens qui (habitent aux alentours) de Lille, c’est vraiment le Nord.

S.: Et… et je crois que, enfin, dans le temps, c’étais des gens qui… il y avait quand même des gens qui parlaient le Flamand, dans le temps dans cette région.

Ou non?

H.: Peut-être.

Je ne sais pas.

S.: Enfin, peut-être.

Enfin… Ok.

H.: Je ne sais pas.

S.: Oui.

Donc, c’est une région… donc, est-ce qu’on boit d’avantage de la bière plutôt que du vin, par exemple?

Est-ce qu’on…

H.: Oui.

Oui, oui!

S.: … mange des choses plus lourdes?

H.: Oui.

Oui, oui!

C’est un petit peu… Mais, de… là d’où je viens, en Lorraine aussi, on a tendance à boire un peu moins de vin, boire un peu plus de bière et à manger des plat, oui, (un peu plus) consistants.

Mais, oui, (c’est assez…)

S.: Mais (qu’est-ce qui fait), donc, le charme de ce film?

Est-ce que tu as vu le film?

H.: Oui, oui, j’ai…

S.: Oui, oui, tu l’as vu!

H.: … j’ai vu le film.

S.: Oui.

H.: Ce qui fait le charme de ce film, c’est de découvrir, justement, cette culture ch’ti (qui est) quelque chose d’assez méconnue.

Je pense (qu’en) France, il n’y a pas énormément de gens qui savent que les ch’tis existent.

Mais (c’est vraiment très particulier).

Ils ont une façon de parler qui est assez extraordinaire qui est… Par exemple, les Français trouvent que les Québécois parlent d’une façon assez rigolote mais les ch’tis, c’est encore pire.

S.: Ah, oui?

Ah!

Bon.

H.: C’est vraiment… Ils ont des expressions très particulières, ils ont (des mots) très particuliers qu’ils utilisent.

(C’est pas) toujours facile pour un Français venant de Paris de comprendre les ch’tis, les vrais, (ceux qui sont) vraiment ch’tis.

En général, (les gens qui) parlent, entre guillemets, ce dialecte sont des gens assez âgés.

Maintenant, la nouvelle génération parle plutôt un bon Français.

(Et c’est une culture) qui se perd un petit peu mais (qui est toujours…) les gens qui vivent de là-bas y sont très attachés.

S.: Mais, les gens, donc, les ch’tis, est-ce que leur culture est un peu semblable à la culture de chez vous, à Nancy dans la Lorraine.

H.: Oui, je pense qu’on peut dire qu’elle est assez semblable pour quelqu’un qui n’est pas Français.

S.: Oui…

H.: Je n’ai pas l’impression qu’elle soit… elle est proche (puisqu’on n’est) pas très loin géographiquement mais, non, (ce n’est) pas exactement la même chose pour que… Je pense que pour un Français… un Français dira : « Ça n’a rien à voir!

» Même si je pense que pour (un étranger) ce serait très, très similaire.

S.: Et ce film, (est-ce que c’est) dirigé, enfin, est-ce que c’est surtout (les gens) d’un certain age ou est-ce que c’est même les jeune, les vieux, tout le monde qui aiment ce film?

Quel est le public pour ce film?

H.: Je crois que… Bien, les gens du Nord ont énormément apprécié ce film puisque (de la culture) qui passe au niveau national et qui s’intéresse à la région Nord, ce n’est pas très courrant.

Mais, même, je crois que (tout le monde apprécie) ce film.

(S’il) est en passe de détrôner « La grande vadrouille », je pense que c’est parce qu’il a un succès à tous les niveaux.

On ne peut pas arriver à… Je crois que… il a fait un million d’entrées les trois premiers jours où il est sorti, ce qui est pas mal du tout pour un film (qui est) seulement national à la France.

S.: Mais je sais que, enfin, dans les films français, souvent on (idéalise) le Sud…

H.: Oui…

S.: N’est-ce pas?

Il y a eu, enfin, comment il s’appelle… Marcel Pagnol, non?

H.: Oui.

S.: Enfin, Manon des Sources, etcetera.

Et, bien sur…

H.: Les films de Fernandel aussi.

S.: … on est toujours attiré par le soleil quand… là où il fait beau, puis l’accent chantant du Midi et tout ça.

Mais, finalement, les gens du Nord ils ont leur vie.

Je sais que j’ai des amis au Havre où il pleut aussi pas mal, bien, ils ont une vie fantastique, hein.

C’est une petite ville, ils sont tout de suite à la mer, ils sont… ils vont au golf, ils ont des petits restaurants, ils toute une vie culturelle et autre.

Ce n’est pas pire que… que dans le Sud.

H.: Oui, oui.

Surtout que… c’est vrai que le Sud a été, entre guillemets, un petit peu idéalisé et c’est de plus en plus… il y a de plus en plus de monde.

Par exemple, il y avait une ville qui était très sympathique, apparemment, il y a une cinquantaine d’années, Toulouse.

Et, depuis un petit moment, bien, Toulouse devient une grosse ville.

C’est… elle a grossi très, très vite.

Parce que tout le monde s’installe à Toulouse, il y a plein d’industries qui… l’industrie aéronautique, Airbus a ouvert de usines là-bas, des centres de recherche donc, énormément de monde y vont et, apparemment, (c’est devenu) une ville… une grosse ville donc, qui a perdu beaucoup de son charme et, même pendant l’Été, le Sud est toujours pris d’assaut.

On parle de « l’autoroute des vacances », c’est l’autoroute qui passe pas très loin de Lyon, il me semble, qui est toujours embouteillée…

S.: Mais ce n’est pas mauvais, la pluie… Si on parle de film, il y a eu « Les parapluies de Cherbourg » et il pl… Puis (il y a une chanson) qui s’appelle « Il pleut sur Nantes » de Barbara.

Là, je me rappelle là, quand j’étais jeune.

Oui.

Puis, Lille, ça me rappelle aussi la première fois que je suis entré en France, je faisais de l’autostop.

J’avais dix-neuf ans, puis je débarquais de l’Angleterre, puis il y avait, d’abord, il y avait un type, donc, un Belge qui m’avait emmené à Gent, enfin en… vélo… pas en vélo mais en… comment ça s’appelle…

H.: Mobylette.

S.: … en Vespa… Mobylette?

Puis, ensuite, arrivé à Lille, il y avait des instituteurs, qui enseignaient dans une école à Lille, qui m’ont invité, d’abord, de passer la nuit à (l’école), j’étais dans… parce que c’était l’Été, il n’y avait pas de classe.

Puis, ensuite, ils m’ont invité à manger, ensuite ils m’ont conduit à Paris… Ils ont été d’une gentillesse, d’un accueil, mais… mais sensationnel.

J’en garde toujours le souvenir, de Lille.

C’était des gens, mais, très, très, très sympathiques.

C’était peut-être des ch’tis?

H.: Oui…

S.: Je ne savais pas…

H.: Peut-être, oui.

Mais, oui bien, c’est un petit peu… en reparlant de ce film, c’est un petit peu le message qu’il y a dans ce film, c’est que les gens… enfin que le film essaie de faire passer, c’est que les gens du Nord sont très, très accueillants.

Je ne suis jamais allé à Lille mais on m’a dit que, oui, que en tout cas c’était une ville qui… La ville en elle-même n’est pas très, très jolie mais, oui, les gens… Il y a plein de choses à faire… Il y a quelque chose de très fameux, à Lille, qui s’appelle la Braderie de Lille qui est quelque chose (d’assez extraordinaire) apparemment.

C’est quelque chose à faire quand on y va…

S.: Mais c’est un… c’est un festival ou… Qu’est-ce que c’est?

H.: Oui, c’est un festival, en même temps il y a plein de… Tout le monde est dehors, c’est… Je ne sais pas exactement ce que c’est mais apparemment c’est plein de choses à la fois.

C’est une sorte de grand marché mais beaucoup de gens y vont, on y boit énormément de bière, apparemment.

S.: Est-ce qu’ils ont… est-ce qu’ils ont une cuisine à eux, les ch’tis?

H.: Ah… Bien, il y a la cuisine… cuisine du Nord, oui.

Je sais qu’ils ont des… quelques fromages assez particuliers.

Bon, dire qu’ils ont des fromages assez particuliers, je pense que, pour la France, ce n’est pas vraiment un scoop.

Mais (je connais assez mal la culture culinaire) du Nord.

J’y suis… je suis allé une seule fois à Lille.

S.: Oui.

Mais, sinon, d’autres films que… J’ai vu des films français qui étaient très, très amusants.

Il y a des… mais enfin, il y a… mais je ne me rappelle plus des noms mais il y en a eu… J’aime bien Gérard Depardieu.

Je trouve que c’est un grand acteur.

Mais, malheureusement, on n’en a pas assez de films français ici.

H.: Oui.

Bien, je pense d’autant plus que les… Souvent, l’humour français a tendance à jouer beaucoup sur le… c’est des jeux de mots, des choses comme ça qu sont toujours difficiles à retranscrire.

S.: Oui.

Mais je me rappelle, il y avait un film, justement, où il y avait Gérard Depardieu et il s’agissait d’un type qui allait être viré de sa société, de là où il travaillait, et qu’il… qu’il, donc, il avait trouvé l’astuce là de… se présenter comme homosexuel…

H.: Ah, oui!

Ça…

S.: … et que donc, c’était abus des droits des homosexuels, je ne sais pas quoi… Mais c’était très, très, très rigolo.

Est-ce que… Je ne me rappelle plus du nom, là.

H.: C’est « Le placard ».

S.: Ah, « Le placard ».

Oui.

H.: Oui.

C’est très, très… très, très bon.

Mais, Gérard Depardieu, il me semble, il y joue un type un peu lourdaud, un peu… un peu « beauf ».

Et, c’est vrai (qu’il le joue) très, très bien.

Mais Depardieu est quelqu’un qui tourne énormément de films.

Je ne sais pas combien de films il a fait mais il en sort sans arrêt qui sont tous…

S.: En Anglais et en Français, d’ailleurs.

H.: Oui.

C’est ça (qu’il y a d’assez) extraordinaire.

S.: Oui, oui.

Bon!

Bien, on a parlé un peu de films, et de ch’tis, et de régions en France.

Voilà.

Merci beaucoup.

H.: Merci Steve. Au revoir!

S.: Ok. Au revoir!

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