Marianne & Serge – Economic Reforms, Part 3

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Marianne and Serge talk about reforms aimed at fixing the root causes of the financial crisis. (Marianne et Serge parlent de réformes sur fond de crise économique.)

Marianne : y a de quoi être dégoûté hein c’est…

Serge : et puis comme en ce moment on est très… on voit beaucoup le problème des indemnités des gros patrons, des choses comme çà, on voit les… tu as peut-être entendu parler en Angleterre le problème des salaires des… pas des salaires, des avantages, des dépenses voilà, des députés, enfin de leurs députés, et il y a des gros scandales et maintenant on est très regardant là-dessus, et çà s’est passé aussi pour les…

Marianne : y a de quoi !

Serge : les députés européens et la première chose qui est ressortie c’est que… c’est au niveau de leurs salaires !

Apparemment un député européens, il gagnerait sept mille euros !

Alors je ne sais pas combien de jours exactement il siège dans les sessions européennes, mais çà doit pas être énormément, puisque bien souvent ils sont députés et européens et ils ont une autre fonction en France, donc ils ne peuvent pas de toute façon se consacrer vraiment à leur truc, et en fait… ben les gens ils sont écoeurés aussi de çà.

Et puis ils se disent oui en fait ils veulent la place parce que c’est très bien rémunéré et puis… alors voilà, c’est vrai, çà écoeure les gens.

Et après, ces députés européens sont sensés par exemple défendre nos paysans et je ne sais pas si tu as vu avec le lait, l’histoire du lait ?

Marianne : oui !

Serge : le gars, on lui achète au mieux trente centimes et tu vois que le lait, à moins d’euro tu n’en trouves pas quasiment.

Alors on se pose la question : « où passe tout çà ?

» Mais on ne te donne jamais la réponse.

On dit, c’est la grande distribution mais c’est facile à prouver, moi je sais pas mais le gouvernement pour lui çà doit être très facile à contrôler çà, voir… alors je sais pas, ils veulent pas s’intéresser au problème ou ils…

Marianne : non ils veulent pas et y a pas que le gouvernement parce que ce problème ne concerne pas seulement les producteurs de lait, mais tous les agriculteurs, les éleveurs, tout çà, les pêcheurs et compagnie… le gouvernement ne veut pas s’attaquer à ce problème, mais également je trouve que tous ces agriculteurs, éleveurs etc… ne pointent pas assez du doigt les intermédiaires !

Parce que les intermédiaires, il y en a trop, et çà fait augmenter pas mal le prix.

Parce qu’il y a les grandes surfaces, mais il n’y a pas que çà !

Entre la grande surface et la base, y a les intermédiaires qui s’en prennent pas mal !

Serge : ben à ce moment là, l’Etat n’a qu’à légiférer et puis mettre son nez dedans et voir et imposer…

Marianne : çà a l’air d’être une corporation qu’on ne veut pas trop toucher, et il n’y a pas que l’Etat, y a même ceux qui manifestent, je trouve qu’ils ne pointent pas assez du doigt ce problème.

Regarde, au début avec le problème avec les producteurs de lait, ce que je trouvais scandaleux et puis çà concerne aussi les éleveurs, les agriculteurs, c’est qu’ils rejettent tout dans la rue.

Tu as vu les milliers de litres de lait qui ont été versés ?

Serge : ben oui mais bon…

Marianne : oui et après…

Serge : je ne sais pas, ils n’ont peut-être pas d’autres solutions, ils se disent bon, on n’est pas écouté, çà fait des années que çà dure…

Marianne : ce qu’ils ont fait !

Ils ont distribué le lait !

Ils ne sont pas obligés de le distribuer gratuitement, mais ils le distribuent à leurs prix, au prix où ils sont payés normalement…

Serge : y en a qui le font.

Marianne : voilà mais çà a été fait ensuite mais au départ non, çà a été jeté dans la rue.

Mais après çà a été distribué aux gens.

Les gens ont payé le prix de base et il était beaucoup moins cher que dans les commerces donc eux en ont bénéficié, les producteurs de lait n’ont rien perdu parce qu’ils ont touché cet argent, mais entre les deux, les grandes surfaces et les distributeurs n’ont rien eu, ils ont perdu !

C’est mieux que de saccager.

Serge : c’est un peu pervers aussi de faire çà parce que…

Marianne : mais au lieu de jeter !

Serge : oui mais les grands distributeurs eux, ils peuvent se la jouer facile, ils disent bon y a pas de problème, de toute façon vous pouvez faire çà avec tous les fruits et légumes et puis tous les produits, après nous on va licencier puisqu’on n’aura plus de clients, on va licencier les caissières.

Ils jouent là-dessus, ils jouent sur la corde sensible : le chômage…

Marianne : ben qu’est-ce qui a été fait là quand…

Serge : ben le fait, si ils jettent, de toute façon, tout n’est pas jeté donc il y en a quand même qui est vendu donc les gens sont obligés de continuer d’acheter, de continuer à consommer, et… je dis pas que c’est bien mais en fait ils jouent là-dessus la grande distribution.

Tu as vu dernièrement l’usine de… c’est sorti aujourd’hui à la télé, et donc les syndicats pensent que ils jouent sur le fait de la crise pour… c’est un prétexte.

Ils leur ont dit on va… ou vous acceptez une baisse de douze pour cents de votre salaire, ou alors on ferme la boite.

La c’est vraiment le chantage, alors le gars qui gagne déjà le SMIG… le Smig c’est quand même pas mirobolant…

Marianne : non !

Serge : tu enlèves encore plus de dix pour cents de son salaire…

Marianne : y a juste de quoi payer son loyer.

Serge : voilà, et an fait, apparemment y aurait beaucoup d’entreprises qui profiteraient du prétexte de la crise pour dire : oui, c’est la crise, on est obligé de licencier, alors qu’en fait c’est pour faire encore plus de profits, puisque toutes les entreprises ne connaissent pas la crise.

Ma femme, elle m’a dit, on n’a jamais eu autant de boulot, elle a dit on est débordées, elle en a marre.

Marianne : y a pas assez de vérifications !

Que ce soit dans le travail ou alors dans les aides que l’on peut attribuer.

Y a pas assez de vérifications !

Y a énormément de choses qui doivent être faites, et y a certains domaines où on ne veut rien faire parce que… je ne sais pas mais… je sais pas, faut pas toucher.

Regarde le coup des intermédiaires bon ben je sais pas exactement qui… y en a plusieurs et exactement qui c’est ?

J’en sais rien, mais regarde même concernant le déménagement.

Une personne qui est dans le sud de la France, qui déménage dans le nord, un déménageur… le chauffeur par exemple, ne va pas aller du sud au nord.

Il peut par exemple aller de Marseille à je sais pas quelle ville, enfin il peut faire deux arrêts de Marseille à Lyon, et il va s’arrêter dans une ville, çà va être déchargé, rechargé, et hop !

On repart.

Et cela pendant… plusieurs fois… et à chaque fois il faut payer.

Et pourquoi ?

Serge : tu parles des meubles, des déménagements de meubles ?

Marianne : oui, oui.

Serge : parce que moi j’en ai fait beaucoup parce que en temps que militaire, on est souvent muté donc je connais un peu le problème.

En fait, ce qui se passe, c’est qu’un… et çà s’est passé tout simplement à mon dernier déménagement.

Dans le camion, y avait trois déménagements différents, enfin trois clients différents.

Après bon, il s’arrange hein, il a regroupé, y en avait trois dans la région, bon à quelques près, mais quand il a fait les devis et puis quand il a facturé, ils ont facturé au maximum chacun !

Ils ont, c’est-à-dire ils ont facturé un péage d’autoroute pour un camion de tant d’essieux, ils ont facturé trois personnels pendant tant de jours pour le chargement, ils ont facturé tant de kilomètres, et çà ils le font en trois.

Donc en supposant qu’ils ont facturé trois déménageurs par déménagement, plus mile kilomètres par déménagement, donc tant d’autoroute, et en fait ils l’ont facturé trois fois.

Les trois déménageurs, ils ont été payés normalement leur mois et par contre le patron…

Marianne : çà c’est sûr !

Serge : lui il a gagné comme si il devait payer neuf déménageurs et voilà.

Et c’est le problème de la… je pense aussi de la distribution pour l’alimentation et là ils jouent là-dessus pour gagner un maximum.

Toujours le profit, une histoire de profit.

Marianne : mais çà se fait aussi quand il y a qu’un chargement.

Serge : oui çà se fait aussi quand il y a qu’un chargement.

Et puis autre chose, l’histoire du quota, si tu as droit à quarante mètres cubes, par ton administration, je peux te garantir que ton déménageur il va te facturer quarante mètres cubes.

Et après tu te dis, mais comment çà se fait que çà coûte si cher ?

Alors si ils font la même chose avec les producteurs de lait, parce que les intermédiaires c’est quoi ?

Les laitiers ils vendent à des coopératives, c’est elles qui regroupent tout.

Donc à ce niveau là y a peut-être un peu de transport pour récupérer dans toute la région, et après ces coopératives, quand elles livrent dans toutes les grandes surfaces… je vois pas qui il peut y avoir comme intermédiaires entre.

Et apparemment il doit y en avoir puisqu’ils disent tous : oui c’est les intermédiaires, c’est les intermédiaires !

Marianne : y a pas assez de contrôles, c’est çà le problème !

Serge : oui mais bon, si tu veux beaucoup de contrôles, il faut beaucoup de fonctionnaires pour contrôler et comme c’est pas dans l’air du temps, parce que çà coûte cher de payer de fonctionnaires et ils ne le font pas.

Quand on veut mettre une politique en place il faut se donner les moyens, çà coûte très cher c’est vrai mais… voilà alors ils se plaignent justement par rapport à ce que je te disais tout à l’heure, les contrôles fiscaux, apparemment l’année dernière ils avaient récupéré 14,5 milliards d’euros je crois.

Est-ce qu’il y a eu moins de fraude, je ne pense pas, mais apparemment c’est par manque d’efficacité des contrôles, c’est ce qu’ils expliquaient, ils ne peuvent pas aller au bout des choses, ils ne peuvent pas faire les contrôles… y a des contrôles, ils disent çà demande un mois pour contrôler.

Bien sûr un particulier, c’est vite fait mais une entreprise ou des organismes un peu comme çà, c’est très compliqué, il y a… et çà demande un mois par exemple pour contrôler une grosse boite, et ils ne peuvent pas se permettre de laisser des contrôleurs pendant un mois sur une affaire.

Et du coup ils ne vont pas au fond des choses, ils passent à côté de certaines choses.

Alors il ne faut pas qu’ils se plaignent, ils veulent faire plus de rentrées, plus de contrôles, mais il faut quand même donner les moyens.

Marianne : l’organisation doit être un peu différente.

Serge : dans ton travail c’est pareil hein, un prof si il fait cours à trente-cinq élèves, il peut pas être aussi efficace que s’il fait cours à vingt-cinq ou a quinze.

Marianne : y a des classes qui ont à peu près… oui une bonne trentaine d’élèves, mais il y a d’autres classes, il y en a dix !

Suivant les…

Serge : suivant les options oui.

Oui ben bon, je pense que le prof qui fait cours à dix élèves, c’est à mon avis un peu plus simple, il peut consacrer plus de temps à chaque élève que s’il doit faire cours à trente !

Mais le problème, si on veut faire çà, il faut plus de profs mais comme ils suppriment des postes…

Marianne : voilà, y a des fermetures, parce que l’année dernière, nous… il était prévu à peu près neuf suppressions de postes de professeurs, et il y a eu des manifestations etc… et en fin de compte, il y a eu trois suppressions.

Par contre pour la rentrée de septembre, rebelote, y en a à peu près… je crois que c’est cinq suppressions de postes…

Serge : et est-ce qu’il y a moins d’élèves ?

Marianne : y a certaines sections oui il y en a un peu moins.

Y a certaines sections qui sont… où il y a quand même beaucoup d’élèves, et il y en a d’autres où le chiffre des élèves diminue donc quand y a des suppressions de postes comme çà ben la charge est répartie sur différents professeurs.

Je ne sais pas exactement si la diminution du nombre d’élèves équivaut à la suppression du nombre des postes mais… et voilà, tu sais, on va pas refaire… je sais qu’il y a énormément de domaines qui devraient être réorganisés, changés… y en a besoin, mais ce qu’il y a…

Serge : on a peur du changement peut-être aussi.

Je ne sais pas si c’est une mentalité française mais on a peut-être… on pense toujours que le changement va être en pire…

Marianne : ici le changement n’est pas tellement bon c’est vrai.

Le changement n’est pas tellement bien vu, la compétition n’est pas tellement bien vue, et quand on veut changer quelque chose, ce n’est pas assez pensé, et des fois ben on… certaines choses sont changées mais les conséquences sont pires que si c’était resté comme avant.

Et y a pas assez de contrôle aussi, y a énormément de choses qui devraient être changées mais que c’est pas… ce que je constate c’est ce qui ne convient pas et c’est çà qui est dommage, et malheureusement que les politiciens, quels que soient les politiciens voient plus leur intérêt que celui du pays.

Parce que peu importe son parti politique, normalement tous, ils doivent travailler pour le pays.

Et voilà donc nous allons finir ce soir sur des questions !

Serge : oui parce qu’on n’a pas apporté de réponses, c’est souvent le cas hein ?

Marianne : de toute façon dans ce domaine là, je ne pense pas qu’on peut apporter des réponses.

Serge : ben eux n’y arrivent pas, je ne voit pas pourquoi nous le commun des mortels on y arriverait surtout en une heure.

Marianne : on n’en connaît pas assez sur tous ces différents domaines.

Voilà, on n’a pas une vision assez large pour apporter des solutions donc… Ils sont sensés être là pour les apporter mais…

Serge : enfin bon, sur cette note…

Marianne : moi je ne veux pas refaire le monde !

Je constate simplement ce qui est bien, ce qui n’est pas bien.

Bon je peux accentuer plus ce qui n’est pas bien car j’aimerais que le pays soit mieux, que çà change, c’est normal c’est notre pays.

Serge : oui mais après c’est un problème d’opinion.

Ce que toi tu penses être bon pour le pays, ton voisin il ne va pas trouver que c’est bon, de là les dissensions et pourquoi y a différents partis enfin au niveau… y a différents partis je parle au niveau des électeurs parce que effectivement, on a déjà… comment dire, au niveau des politiciens je pense qu’on leur a assez cassé de sucre, on va les laisser tranquilles, mais au niveau des gens qui votent, tout le monde n’a pas les mêmes opinions et quand tu appartiens à un parti…

Marianne : évidemment que les personnes n’ont pas les mêmes opinions donc ce que je peux voir bien, par exemple toi, tu peux très bien penser que c’est pas bien mais il y a au moins une chose, c’est que… peu importe son parti, si il y avait plus de contrôles… il devrait y avoir plus de contrôles, l’argent ne soit pas distribué à l’aveuglette, concernant toutes ces magouilles…

Serge : oui on retombe sur le même problème… il faut payer les fonctionnaires pour faire les contrôles.

Marianne : c’est ce dont on a parlé tout à l’heure, donc sans parler dans les détails, ou les opinions des personnes qui peuvent diverger un peu plus mais déjà en gros…

Serge : oui, on verra…

Marianne : voilà !

Serge : bon ben écoute…

Marianne : sur ce…

Serge : oui parce que là je vais finir par être en retard.

Le problème avec ces questions de politique c’est qu’on pourrait discuter pendant toute une nuit alors c’est pas évident, faut pas avoir de rendez-vous !

Ok bon ben écoute…

Marianne : bonne soirée !

Serge : je vais te laisser oui !

Bonne soirée à toi aussi et à très bientôt.

Marianne : ok

Serge : bye, bye, Marianne !

A bientôt !

Marianne : bye Serge, au revoir , bon week-end, peut-être à demain !

Serge : oui ok, bye, bye !

Marianne : bye !

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