Serge & Marianne – NATO Appointment, Part 2

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Serge speaks with Marianne about a possible appointment with NATO in Norfolk. (Serge parle avec Marianne de sa possible affectation à Norfolk, au sein de l’Otan.) 

Marianne: Hey, tu…je reviens sur ton sujet.

Tu connais les grades de l’armée aux Etats-Unis?

Serge: Disons que…

Marianne: Parce que tu peux les trouver sur internet.

Serge: Je les ai mais je viens de te dire que j’aime même mieux.

J’ai les grades de toutes les armées, de tous les pays membres de l’Otan alors inutile de dire que c’est absolument impossible à….parce que quand tu apprends un grade, ce n’est pas seulement un grade qu’il faut apprendre, c’est l’insigne qui lui correspond.

Marianne: Oui.

Serge: Alors de tous les pays, on est…c’est absolument impossible à se souvenir.

Le seul moyen, c’est si tu travailles toujours avec les mêmes personnes du même grade, à force tu vas savoir mais là, je peux t’en avouer des pages entières, sachant que dans chaque arme… parce que dans une armée d’un pays, en général il y a une armée de l’air, une marine et une armée de terre.

En général, parce qu’il y a des pays qui n’ont pas de marine ou qui n’a pas l’armée de l’air parce qu’ils sont trop petits.

Et, en général, les grades ça va de…il y a beaucoup de grades, on va dire, donc c’est quasiment impossible de se souvenir de tout et déjà pourquoi apprendre des grades sans savoir si je vais travailler avec ces gens-là.

Si, je peux apprendre aux Etats-Unis mais eux, c’est assez compliqué.

Ils ont…déjà, il y a peu d’équivalence, en tout cas chez les sous-officiers et ils ont des…comment dire, c’est un peu plus détaillé.

Ils font la différence entre un sous-officier qui travaille sur avion ou un sous-officier qui ne travaille pas sur avion.

Ca fait deux grades différents, alors que nous, c’est…on a un grade et après c’est la spécialité qui fait que tu travailles sur avion ou tu ne travailles pas sur avion ou tu as un autre métier.

Le grade à la base est le même.

Eux, non il y a des différences entre les navigants, non-navigants, tu vois.

Voilà, et ça à la limite, je vais attendre de savoir si j’ai le poste et après, je pense que c’est des questions qu’on peut poser en disant dans quelle…quels types de personnes on va travailler, quels grades, ce sera de quelle arme parce que suivant les armes, les appellations sont différentes.

Marianne: Oui

Serge: Moi, par exemple, je peux dire que dans l’armée française, je connais très très peu les grades de la marine qui sont…la marine, c’est un corps particulier parce que la marine, on appelle ça la Royale.

C’est un…c’est une arme qui est très très ancienne qui avait une tradition…qui a beaucoup de traditions en tous cas en France, je ne sais pas dans les autres marines mais, en France, il y a beaucoup de traditions dans cette arme.

Ils sont…c’est très très spécial de travailler avec des marins.

Marianne: Oui.

Serge: Ils ont…oui, c’est…et donc, je ne connais pas…si, je connais comme ça les grades mais il y a certains moments, je ne sais pas comment on appelle…ils ont des différentes appellations, c’est à dire qu’ils appellent…c’est à dira que le commandant d’un bateau, tu l’appelles toujours commandant.

Il…pourtant, il peut porter des gallons de…qui sont équivalents à des gallons de lieutenant ou alors il peut porter des gallons de colonel.

Par exemple, le commandant du Charles de Gaulle, c’est…il a cinq barrettes, comme on dit, c’est colonel c’est à dire au-dessus… après, c’est général.

Mais un…le…celui qui commande un bateau, une petite frégate, hein et bien lui, il va être…il aura des gallons de commandant si tu veux.

On lui dit à lui aussi commandant, comme on dira commandant au colonel.

Donc tu vois, alors ils ont une tradition lors déjà, tu sais dans la marine, je ne les connais pas bien alors à fortiori dans les autres armes…

Marianne: Mais même dans l’armée de terre parce que suivant les armes, oh je ne sais plus exactement si c’est lieutenant ou je ne sais quoi, mais

Serge: Il y a quelques différences

Marianne: Je crois que c’est l’infanterie de marine comparé à la cavalerie, ou quelque chose comme ça, il y a deux gallons qui sont dorés dans une arme et qui sont exactement au même grade mais qui sont argentés dans l’autre arme.

Serge: Oui, mais ça existe…oui, et tu sais comment on fait la différence?

Il suffit de…pour savoir si…la couleur, il suffit que tu regardes la couleur des boutons de la veste.

En fait, les gallons sont de la couleur opposée aux boutons de la veste parce qu’on peut avoir des boutons couleur argent ou des boutons couleur…c’est complètement cul-cul, hein mais ça c’est…et donc, suivant la couleur des boutons, la couleur des grades changent mais, effectivement, tu as raison le nombre de gallons reste le même.

Il y a toujours pour un lieutenant, il y a…

Marianne: Il y a des erreurs même dans l’armée française.

Il y en a certains qui voient…si c’est doré, ils disent c’est tel grade.

Oui, mais suivant l’arme, c’est autre chose.

Serge: Et puis, il y a des appellations différentes, effectivement.

Marianne: Il y a sergent et maréchal des logis.

Serge: Oui, alors ça, voilà.

Marianne: Sergent dans l’armée de terre et puis maréchal… attend, non.

C’est…

Serge : Non, l’inverse.

Marianne: Sergent, c’est dans l’infanterie de marine et puis maréchal des logis, c’est dans la cavalerie, je crois.

Serge: Oui et aussi dans la gendarmerie.

Marianne: Ah bon?

Serge: Voilà, oui.

Et puis nous, dans l’armée de l’air, c’est sergent voilà.

Donc, c’est vrai qu’il y a des appellations différentes.

Marianne: Donc, dans l’armée de l’air et l’infanterie, c’est pareil.

Serge: Oui, alors tu dis ça à un gars de l’infanterie et tu dis ça à un gars de l’armée de l’air, il va te voler dans les plumes.

Marianne: Oui, c’est le cas de le dire.

Serge: De la même façon que nous, dans l’armée de l’air, pour nous quelqu’un qui appartient à l’armée de l’air on appelle ça un biffin.

C’est une très très grosse erreur, il ne faut surtout pas leur dire ça.

Parce qu’effectivement, l’armée de terre, il y a la cavalerie, il y a les blindés, il y a les transmissions…

Marianne: Les marsouins…

Serge: Voilà, et eux, il ne faut pas leur dire biffins parce que, pour eux, le biffin c’est le fantassin, c’est à dire, c’est une arme dans l’armée de terre et ils se vexent très facilement, voilà.

Marianne: Tu sais, l’infanterie de marine et la marine ne vont pas tellement ensemble et puis alors la cavalerie…

Serge: Je sais parce que l’infanterie de marine, ça n’appartient pas à la marine.

Marianne: Non, c’est l’armée de terre.

Serge: C’est l’armée de terre.

Mon frère, il est colonel dans l’infanterie de marine donc je…

Marianne: Et ils ne s’entendent pas vraiment avec la marine.

Serge: Euh, oui.

Enfin, ils n’ont spécialement d’atomes crochus.

Marianne: Non.

Serge: Personne ne s’entend avec la marine, je vais te dire.

Ils sont trop particuliers.

Marianne: Oh, la cavalerie est spéciale aussi, hein.

La marine, c’est un peu…je dirais que c’est pire mais la cavalerie, c’est aussi spéciale.

Serge: Parce que chaque arme a ses traditions et dans chaque arme…

Marianne: Bien, la cavalerie…enfin, la marine et la cavarelerie, ils ont gardés leurs traditions anciennes qui datent du temps de Napoléon ou de je ne sais quand.

Serge: Oui, la cavalerie, ils sont…ils chargent encore au sabre à l’air de la bombe atomique, hein.

Marianne: Les gradés, les …comment?

Les gradés, ils sont encore avec leurs idées anciennes, enfin, je ne peux pas parler de maintenant et puis, en plus, je n’étais pas dans l’armée mais…

Serge: Mais c’est vrai.

Marianne: Mais ils ont quand même un état d’esprit assez ancien et puis rigide.

Serge: Dans la marine…

Marianne: Il faut parler…les gradés, ils parlent à leurs soldats à trois mètres de distance si ce n’est pas plus.

Serge: Et dans la marine, c’est flagrant parce que sur un bateau, par exemple, tu ne…quand tu…au mess, il y a des salles réservées pour chaque grade.

Il n’y a pas…il est hors de question que si tu ne fais pas parti de…du grade, que tu ailles manger dans ce mess.

Alors que dans l’armée de l’air, bon il y a les mess des officiers, le mess des sous-officiers, le mess des hommes du rang.

Maintenant, ça a même un peu changé parce que pour des raisons, d’ailleurs plus souvent budgétaires, ils appellent ça maintenant des mess mixtes, c’est à dire que les sous-officiers et hommes du rang mangent ensemble et les officiers ont un mess à part.

Mais, bien souvent, il y a des officiers qui viennent manger chez nous et…

Marianne: Dans l’armée de l’air?

Serge: Oui, oui et nous, on ne s’en offusque pas du tout, on… voilà.

Alors que dans la marine, mais c’est…

Marianne: Oh, mais ça vient pas de vous mais ça vient des officiers, c’est étonnant.

Serge: Non, non.

Nous, non.

Oh bah, tu sais…

Marianne: Oh, peut-être dans l’armée de l’air.

Je ne sais pas les autres armes mais…

Serge: Tu sais que 80 % des officiers, oui 70 à 80 pour cents des officiers, en tout cas dans l’armée de l’air, sont issus des sous-officiers donc euh…

Marianne: Ca, c’est bien.

Serge: Ils savent un petit peu d’où…oh, pas tous, il y en a qui ont oubliés qu’ils venaient…d’où ils venaient et puis, ils ont tendance à nous regarder de haut après mais ce n’est pas le cas de tous le monde et tu en as qui sont resté très sympas et qui préfèrent manger avec nous qu’avec leurs collègues, voilà.

Mais ça dans la marine….

Marianne: Je ne sais pas mais ces officiers là sont plus appréciés.

Serge: Bien oui.

Marianne: Et puis c’est peut-être un peu pour ça, la différence entre la cavalerie et puis la marine, c’est qu’il y a vraiment une différence entre les officiers avec les sous-officiers et puis les hommes de troupes parce que les officiers se mettent vraiment à part, à part.

Ils se sentent supérieurs aux autres.

Alors que dans d’autres armes, je ne connais pas toutes les armes mais, admettons l’infanterie de marine, les officiers se mêlent un peu plus avec les sous-officiers, les hommes de troupes.

Serge: Bien parce que l’infanterie de marine, c’est…moi, je comparerais ça, si tu veux, un petit peu aux marines aux Etats-Unis.

C’est un corps d’élite.

Marianne: Oui.

Serge: C’est un corps qui…

Marianne: Bien, de toute façon, les deux armes…excuse moi de te couper, les deux armes qui sont les plus envoyés en opération, c’est…ce sont l’infanterie de marine et puis la légion.

Serge: La légion, voilà.

Donc, c’est pour ça que ce sont des gens qui sont sur le terrain, qui sont en premières lignes.

Marianne: Oui.

Serge: Et tu vois, on a vu en Afghanistan dernièrement, il y a eu 10 morts du côté français et dans ce genre d’armes, les officiers, ils sont avec leurs hommes.

Marianne: Oui.

Serge: Ils ne sont pas à l’arrière, avec la radio à donner des ordres.

Ils sont au casse-pipe avec eux.

Marianne: Oui.

Serge: Et ils ont des pertes au niveau des officiers.

Ce qui fait que, obligatoirement bie, quand tu sais que ton officier il est, bien il est avec ses hommes, qu’il risque sa vie avec eux.

Marianne: Oui.

Serge: Tu ne le regardes pas de la même façon.

Dans l’armée de l’air, bon je ne vais pas trop tailler parce que, j’espère que nos conversations ne sont pas trop écoutée mais sinon je vais avoir des ennuis.

Marianne: Bien, tu as le devoir de réserve donc…

Serge: Voilà.

Oui, justement!

Marianne: Tu peux te taire, si tu veux.

Serge: Oui.

Non mais bon, disons que nous, l’armée de l’air c’est un…c’est particulier, toutes les armées de l’air c’est ça.

C’est…ils sont là pour le support pour transporter les troupes déjà et pour le support des troupes au sol donc ils ne sont pas vraiment en contact avec l’ennemi.

Marianne: Oui.

Serge: Je parle sur le terrain, par exemple en Afghanistan, avec les Talibans.

L’armée de l’air sera rarement en contact avec eux.

Marianne: Oui, ce n’est pas la même chose.

Serge: Oui, hormis le fait que bon, la guerre, elle n’est pas… elle ne se déroule pas comme une guerre classique, c’est à dire…tu sais, les attentats-suicides, ça touche tous le monde donc c’est vrai que des militaires de l’armée de l’air peuvent très bien être touchés parce qu’ils ont balancé un véhicule sur une base aérienne.

Marianne: Oui.

Serge: Mais quand c’est une guerre un peu plus classique comme il y avait… les dernières guerres qu’on a eu que ce soit le Viêt-Nam, l’Indochine, la deuxième guerre mondiale, c’était plus classique.

Donc, c’est vrai que les gens de l’armée de l’air étaient moins exposés que les biffins, hein, que l’armée de terre qui, eux, étaient vraiment en contact avec l’ennemi.

Donc c’est clair qu’un officier, s’il n’était pas avec ses hommes…c’est dur d’envoyer tes hommes au casse-pipe si tu n’es pas avec eux donc il y allait et donc il courait les mêmes risques qu’eux et donc, ils étaient vus différemment.

Alors que, dans les autres armes, c’est peut-être un peu différent, tu vois.

Je pense que ça met un peu de ça aussi.

Marianne: Actuellement, je ne sais pas comment ça se passe vraiment.

Si ça vraiment changé dans l’armée parce que…

Serge: Ca évolue, ça évolue donc, c’est obligé.

Ca évolue puisque les mentalités évoluent.

Et puis depuis qu’il n’y a plus la conscription, c’est une armée professionnelle, là aussi, ça…les choses ont beaucoup changées.

C’est…bon en bien, en mal, je ne sais pas.

Je ne peux pas dire, c’est difficile mais

Marianne: C’est très bien parce qu’il est…je trouve que c’est…on ne peut pas demander à ses hommes de faire quelque chose si…

Serge: Si on n’est pas capable.

Marianne: Si, en tant qu’officier, tu es là à les regarder ou alors tu es…

Serge: C’est la première règle, ça.

C’est la première règle, montrer l’exemple et ne pas demander à ses hommes quelque chose…

Marianne: Malheureusement…

Serge: Que tu n’es pas capable de faire.

Marianne: Oui.

Serge: Et c’est vrai que ça se perd.

Marianne: Maintenant, je ne sais pas mais malheureusement avant, dans certaines armes, c’étaient comme ça.

Et même pendant des exercices, et bien aux hommes, hommes de troupes, on demandait de faire quelque chose et puis les… même les sous-officiers devaient être dans les véhicules alors que les hommes de troupe couraient.

Non, tu ne peux pas demander à…de faire quelque chose, d’avoir de l’endurance, alors que toi, tu es bien tranquille.

Ce n’est pas tellement…D’ailleurs, à l’époque de la guerre de 40, il y a un officier que je trouve avec tous les documentaires, les films qu’on a vu et tout ça, il y a un officier que j’admire moi, c’est Patton.

Serge: Oui, enfin c’est controversé mais…

Marianne: Bien sûr mais c’était…malgré les défauts qu’il ait pu avoir…

Serge: Oui.

Marianne: C’était un homme de terrain, qui était avec ses hommes et qui, vraiment, avait des capacités pour se battre et c’est quelqu’un qui était vraiment…

Serge: Il a cette réputation et d’ailleurs…

Marianne: Tous le monde n’est pas parfait et même s’il avait ses défauts, c’était quelqu’un de vraiment capable.

Serge: J’ai eu l’occasion d’écouter son…sur un site, je ne sais plus quel site, où ils avaient…il y a eu un film sur Patton, hein.

Marianne: Oui.

Serge: Bon, je ne sais plus quel acteur américain à jouer le rôle de Patton mais…

Marianne: Non, mais il le jouait très bien.

Serge: Ou.

Il avait un accent très particulier et j’ai essayé d’écouter donc, le…un fameux speech qu’il fait dans ce film qui a réellement…

Marianne: Mais d’ailleurs, je crois qu’il y en a un dans la librairie de LingQ.

Serge: Oui, bien oui.

C’est peut-être là que…oui, je…

Marianne: Oui, c’est les fameux discours de plusieurs personnes.

Serge: Oui, voilà.

Et je l’ai pris et donc, bon il était assez vulgaire et…

Marianne: Oui.

Serge: Et ce n’est pas évident à comprendre.

Il faut…il à un accent particulier, il utilise beaucoup d’argot et c’est ce qui fait que, effectivement, il était plus proche des hommes.

C’est qu’il n’était pas collé-monté et cul-serré et il était…il parlait crument et voilà.

Bon, par contre, on lui reprochait aussi d’être quand même un peu trop dur envers ses hommes.

Marianne: Il exigeait beaucoup, oui.

Serge: Oui, voilà.

Il exigeait beaucoup bon, c’est vrai que lui, il se…ne ménageait pas non plus sa peine et il était, comme tu dis, en premières lignes donc ça aide, mais voilà.

Marianne: On ne fait pas la guerre avec des fleurs.

Serge: Non, bien non.

Marianne: Malheureusement.

Serge: Ou heureusement!

Enfin, je ne sais pas.

Marianne: Non enfin, je veux dire malheureusement, quand il y a la guerre bon, elle est là et puis bon, il faut faire face hein.

C’est…

Serge: Tu sais les guerres propres, ça n’existent pas.

Marianne: Non.

Malheureusement, il y a des dégâts collatéraux et puis, c’est comme ça.

On fait avec et il faut faire au mieux.

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