Serge talks about Bordeaux

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Steve: Bonjour, Serge.

Serge: Bonjour, Steve.

Steve: Et vous êtes où, là en France?

Maintenant, avec Skype, on peut parler avec tout le monde, partout au monde, mais…

Serge: Ah, oui.

Steve: Est-ce que vous pouvez vous situer un peu pour les gens qui nous écoutent?

Serge: Hmmm. Okay. Bien sûr.

J’habite dans le sud-ouest de la France, à coté de Bordeaux, une quarantaine de kilomètres de Bordeaux, dans une petite station balnéaire, au bord du Bassin d’Arcachon qui est à coté de l’Océan Atlantique.

Et ma…c’est une petite ville, d’environ dix milles habitants.

Et ma, ma maison, en fait, est située à à peu près deux cent mètres de la plage.

Alors, c’est vraiment un endroit vraiment très très agréable à vivre.

Steve: Est-ce que vous allez souvent à Bordeaux pour faire des achats ou pour manger ou pour, je sais pas, visiter des musées… enfin?

Serge: Hmmm.

Déjà, je vais à la limite de Bordeaux pour mon travail, déjà, puisque je suis militaire dans l’armée de l’air, et la base aérienne sur laquelle je suis affecté est à la limite de Bordeaux.

Donc, déjà, pour mon travail, et puis j’y vais régulièrement parce que ma fille suit des études de médecine à Bordeaux, à la faculté de Bordeaux, et je vais, donc, l’amener en début de semaine, et je vais la rechercher en voiture à la fin de la semaine, puisque elle loue, on a loué pour elle un petit appartement pour… toute à côté de, de l’université où elle suit ses études.

Steve: Mais, Bordeaux, quand on…quand, quand j’entends le mot « Bordeaux », le nom de la ville, je pense d’abords au vin…

Serge: Bien sûr.

Steve: …je pense à l’histoire…

Serge: Oui.

Steve: …à l’Aquitaine, avec… enfin, tout ce qu’il y a eu, enfin, la guerre de cent ans, peut-être, et les relations avec l’Angleterre…

Serge: Ah oui.

Steve: Enfin, il y a un tas de, il y a un tas de… je pense, même, à Montesquieu…er… non, à Montaigne, par exemple.

Serge: Oui.

Steve: Montaigne vivait pas loin de Bordeaux, aussi.

Il était même maire de Bordeaux, si je…

Serge: Mais oui, il est, il est, il est originaire de…de Bordeaux, et il a, il a beaucoup écrit sur la région.

Il y a habité longtemps, je crois qu’il est mort aussi à Bordeaux.

C’est vrai que Bordeaux est une très ancienne ville, puisque les Romains se sont installés à cet endroit, puisque c’était un…un endroit vraiment, on va dire, stratégique, puisque il y a la… la Garonne, qui se jette dans le… dans l’océan à cet endroit, et qui est navigable.

Donc, c’était, er… toute une économie s’est développée depuis, depuis déjà les Romains.

Donc, ça remonte à pas mal de centaines d’années, et… Oui, c’est une ville qui a un passé historique vraiment, vraiment très riche, et… Elle a été longtemps anglaise, justement, comme vous disiez, pendant la guerre de cent ans, et… Toute la région, d’ailleurs, était anglaise pendant plusieurs dizaines d’années, et je ne me souviens plus quand c’est redevenu français, mais, enfin, il a fallu bien des guerres et des batailles pour que cette région redevienne française.

Heureusement, parce que, comme vous dîtes, le vin est appréciable, et puis il y a plein de belles choses à voir dans cette région.

Steve: Et je, je crois quand je vois, par exemple, la baie là-bas, s’appelle la baie de Biscaye, si je me rappelle, si je me rappelle bien.

C’est pas ça ?

La baie-là, fin, l’Atlantique.

Biscaye.

Serge: Ça ne me dit rien.

Steve: De toute façon, j’ai l’impression que, du point de vue, je sais pas, généalogique, les gens du sud-ouest de la France ont été influencés et par des gens venant, donc, de, du, de la péninsule, de la péninsule Ibérique.

Serge: Oui.

Steve: Donc, des influences peut-être basques, peut-être, je sais pas, celto-ibériques.

Ensuite, bien sûr, romains… enfin, et puis même, je crois, les Visigoths étaient là aussi, non?

Peut-être.

Serge: Bien sûr de… c’est vrai que, situé à cet endroit, c’est un lieu de passage de beaucoup d’invasions qui venaient du sud.

Donc, les, les musulmans, er… toute la péninsule ibérique, oui, c’est vrai.

Et… je, je, je pense que oui, elle est chargée d’histoire du fait de sa, de sa situation géographique, et puis de sa richesse sur la plan de la terre, de cette fameuse rivière, la Garonne, qui est, qui est une source de, de richesse économique, et, bon.

Malheureusement, je, je ne connaît pas encore bien cette…cette région.

Ça fait que six ans que je, que je vit ici, mais j’ai beaucoup à découvrir, et c’est vraiment, vraiment une belle région, on peut dire, vraiment une belle région.

Steve: Et est-ce que vous profitez pour boire beaucoup de vin, vin de Bordeaux, ou est-ce que vous buvez du vin d’un peu partout ?

Serge: J’ai, j’ai un peu honte de, de l’avouer, mais je ne suis pas un grand connaisseur de vin.

Steve: Oui.

Serge: Je préfère, en fait, la bière.

Steve: Ah.

Serge: Mais, c’est vrai que… avec… en France, vous savez, on adore le fromage, et…

Steve: Oui.

Serge: C’est vrai, qu’avec le fromage, rien ne vaut un bon vin,

Steve: Oui.

Serge: Et pourquoi pas un vin de Bordeaux ?

Steve: Oui.

Serge: Il y a… on n’a que l’embarras du choix.

À Bordeaux, il y a énormément, énormément de… Quand je pense à Saint Emilion…

Steve: Oui.

Serge: …enfin, toutes ses régions…

Steve: Oui.

Serge: .. qui, connues, je pense, dans le monde entier.

St Emilion certainement est un… est une région qui est connue dans le monde entier puisqu’ils vendent du vin.

Steve: Absolument.

Serge: Voilà.

Steve: Mais vous, vous n’êtes pas originaire de Bordeaux.

Serge: Non, pas du tout, pas du tout.

Steve: Bon.

Serge: En fait, j’ai passé toute mon enfance en Haute-Savoie, dans une ville qui est au bord du lac de Genève.

Donc, nous avions le lac, et nous étions, nous étions aux pieds des montagnes, puisque c’est, à cet endroit, commencent les Alpes, les Alpes avec le fameux Mont Blanc, le point culminant de toute l’Europe.

Et… donc, j’ai passé toute mon enfance, parce que j’ai… Je suis né en Algérie.

Mon père était militaire et il a participé à la guerre d’Algérie, et, en fait, bon, je suis né là-bas, mais je n’ai passé que, que deux années et après, nous sommes rentrés, nous nous sommes installés justement en Haute-Savoie, où j’ai passé toute mon enfance.

Et c’est mon métier qui a, qui m’a fait découvrir beaucoup d’autres régions de France.

En tant que militaire, on voyage beaucoup, et…

Steve: Bien sûr.

En Haute-Savoie, ils ont aussi du, du très bon fromage.

Serge: Ah oui, oui, bien sûr.

C’est réputé pour, pour ça.

En fait, je crois que toutes les régions de France ont leurs spécialités culinaires.

C’est…la France est un pays très riche sur le plan culinaire et je pense que la, la cuisine française est, elle aussi reconnue dans le monde entier.

Il y a beaucoup de chefs qui…

Steve: Absolument, oui.

Serge: …qui pratiquent à l’étranger, dans, dans beaucoup de pays…

Steve: Oui. C’est un des grands plaisirs quand on visite la France, de découvrir tous les plats locaux.

Serge: Oui.

Steve: et les vins, les fromages, les, les déguster.

Et ce que j’ai trouvé, là, en France, c’est que, on… on n’a pas besoin d’aller au, aux restaurants très chers,

Serge: Oui.

Steve: et que pour dix, dix, quinze, vingt, vingt, maximum vingt-cinq euros par personne on peut très, très bien manger.

Serge: Oui, tout à fait.

Il y a toute une gamme de prix.

Bon, maintenant, si vous appréciez vraiment le vin, et vous buvez du vin à table, bon, l’addition peut se corser un petit peu, même très rapidement.

C’est vrai que le bon, les plaisirs de la table, on les trouve à vraiment tous les prix, une telle richesse dans la cuisine, que vous pouvez faire de la cuisine très simple, très bonne, donc peu chère, et, dans l’autre sens, vous pouvez dépenser beaucoup, beaucoup d’argent dans un bon repas, dans un bon restaurant en France.

Steve: Il y a pas de limite!

Serge: Oh, il y a pas de limite.

On peut toujours trouver plus cher, et… D’ailleurs, dans le sud-ouest, dans le… aux pieds des Pyrénées, j’avais… j’ai passé deux, trois jours, dernièrement, avec ma femme et ma fille, et nous avons mangé dans un restaurant… Je crois je n’ai jamais payé aussi cher pour manger, mais c’était, c’était tellement bon que…

Steve: C’était où ?

Serge: C’était…à côté de Saint Jean de Luz…

Steve: Oui.

Serge: J’ai oublié le nom de ce… Asquin, voilà, c’était « Asquin ».

Vraiment dans un petit village, mais…vraiment très, très beau.

Steve: Parce que ma femme et moi, nous avons passé un mois, le mois de septembre, en France, et d’abord, on était, on a passé deux semaines sur la vallée de la Loire, et ensuite, on était tous près de Pau, dans le Béarn, dans un endroit qui s’appelle Oloron Sainte Marie.

Mais, on a … on a aussi passé deux jours à Biarritz…

Serge: Ah oui.

Steve: …et on a visité un peu les pays basques.

On a été à Saint Jean de Luz.

On a été aussi à Saint Jean Pied de Port.

Serge: Ah oui.

Steve: De la, on est entré, on est entré dans l’Espagne, on est allé jusqu’à Pampelune, et Saint Sébastien…Fin, tous ce coin-là est… c’est, c’est très joli, c’est très vert, on était… allé… enfin, on est allé dans un petit village dans la montagne, où on a acheté du fromage d’un monsieur qui avait quatre-vingt-cinq ans.

Il coupait… c’était du brebis, de je ne sais pas quoi, de chèvre, de vache, et il le coupait pour nous, et il faisait ses additions avec son crayon là, tout doucement, et il parlait et le français, et le béarnais, et l’espagnol.

Serge: Bien sûr, bien sûr.

Steve: Et il a quatre-vingt-cinq ans. Dans la montagne là, perdu dans la montagne.

Serge: Oui. Je, je pense il s’agit peut-être de fromage de brebis qu’on a l’habitude là-bas de manger avec de la confiture, la confiture de cerise.

Steve: Oui. On a eu ça aussi.

Serge: C’est une spécialité.

Voilà. Le mélange sucré-salé qui est vraiment très, très bon.

Steve: Oui.

Serge: Je ne connaissais pas, moi-même, et j’ai découvert ça en arrivant dans cette région.

Steve: Oui. Mais, j’ai bien envie de, de retourner.

J’étais… c’était…Sauf que, on était un peu, enfin, pas moi tellement, mais ma femme, elle aime bien jouer au golf, et il est, il est très vert là-bas, on est aux pieds des Pyrénées…

Serge: Oui.

Steve: Et ça veut dire qu’il pleut.

Alors, de…

Serge: Ah.

Steve: On n’a pas eu, tous, tous les jours, ensoleillés, ciel bleu, quand-même.

Serge: Oui, oui, c’est… Malheureusement, bon, un petit inconvénient, mais même quand il pleut, les, le climat reste, quand-même tempéré…

Steve: Oui.

Serge: Les, et les températures ne descendent pas trop.

À moins, à moins que de monter vraiment dans les Pyrénées, où là, ça devient un climat un peu montagnard, et, et là effectivement on peut, on peut avoir de la neige, des chutes de neige très tôt dans la saison avant … bien avant l’hiver.

Mais, en règle générale, moi, j’ai vécu plus de quinze ans dans l’est de la France, à Metz.

Le, le…je peux vous dire que le climat entre Metz et Bordeaux est vraiment, est vraiment tout à fait différent.

Il fait quand-même bien plus doux à Bordeaux.

C’est plus agréable.

C’est plus humide, bien sûr, mais…

Steve: Oui. Oui.

Bon, ben, merci beaucoup, Serge.

On a pu parler un peu de, de la région où vous habitez.

Serge: C’était avec plaisir.

Steve: J’espère qu’on aura l’occasion de refaire cette expérience.

Serge: Bien sûr.

Steve: Parce que je crois que c’est important pour les gens avec LingQ, nos membres, qui étudient le français.

Serge: Bien sûr, bien sûr.

C’est très important, et je suis, bien sûr, à votre disposition.

C’est toujours un plaisir de discuter.

En plus quand le sujet est, c’est la France.

Je suis fier, donc…C’est toujours très intéressant, oui, oui, et si ça peut aider les gens qui veulent apprendre le français, parce que, moi-même, j’apprends l’anglais, et je… j’ai vraiment l’impression que le français est une langue difficile et si, si on peut aider les gens à apprendre le français d’une façon plus ludique, c’est tout à fait intéressant.

J’espère que je serais utile, au moins, pour çà.

Steve: Certainement !

Merci beaucoup, donc.

Au revoir et à la prochaine.

Serge: Voilà.

Steve: À la prochaine fois. Merci.

Serge: Au revoir.

Steve: Au revoir.

La Cuisine

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S: Bonjour, Henry.

H: Bonjour, Steve.

S: Comment ça va, aujourd’hui?

H: Comme d’habitude.

S: Mal!

H : Oui.

S: Voilà.

H : (rire)

S : Okay.

Aujourd’hui, je veux te poser une question.

Tu es en… tu es ici au Canada, donc…

H : Oui.

S : En voyage.

H: Voilà.

S : Moi et ma femme, on a passé cinq semaines en France au mois de septembre.

H: Hmmm.

S: Oui.

Et c’était très bien.

Quand tu voyages, quand tu te déplaces, parce que là, t’es pas tellement en voyage,

H: Oui…

S: Tu es ici en stage, qu’est-ce qu’il te manque?

Qu’est qu’il y a qui te manque de ton pays, de la France?

H: Ah…la première chose qui m’a manqué, ça c’est vrai que c’est… ça m’a manqué dès les premiers jours et ça continue encore à manquer, c’est la nourriture, la cuisine française.

Il y a…en… tant qu’on est… en tant que français, tant qu’on n’est pas sorti de France, je pense que… on ne peut pas trop se rendre compte que… que c’est vraiment quelque chose qui nous tient, qui nous tient beaucoup à cœur.

Je… c’est, c’est vrai qu’en arrivant au Canada, j’ai été émerveillé de tous ce que j’ai vu, sauf la cuisine.

J’ai pas été spécialement emballé quand je suis arrivé.

Alors, à Vancouver…

S: C’est parce que tu manges tous les jours à McDonald, c’est pour ça?

H: Non.

Non, non, non, non.

J’essaie justement d’éviter tous ce qui est « fast food », pizzeria, même si c’est vrai qu’à Vancouver, on est quand même assez chanceux puisqu’il y a la communauté asiatique qui est assez développée, et moi, j’aime bien tout ce qui est à base de poisson.

Le fait qu’il y ai autant de sushi bars, c’est vraiment un peu une bénédiction pour moi parce que j’en avais pas, j’avais pas eu l’occasion d’en manger beaucoup en France, c’est assez, c’est beaucoup plus rare et ici il y en a vraiment énormément.

S: Bon, bon.

Alors, la cuisine.

Qu’est-ce que, par exemple, qu’est-ce que des fois, tu voudrais manger?

Qu’est-ce que tu voudrais manger que tu ne trouves pas ici?

H: Ah, alors, la première chose, c’est une bonne baguette de pain.

La… le pain ici, c’est beaucoup… est beaucoup plus, je ne sais pas, il y a quelque chose, je ne vais pas dire insipide, parce que ce ne serait pas très gentil mais c’est vrai que la baguette de pain française, elle a quelque chose, elle a quelque chose.

Elle est beaucoup plus… elle a un goût qui est différent, le fait qu’elle soit… puis oui, c’est plus… ce qui manque, je dirais, c’est la fraîcheur, ici.

Le pain, le pain n’est pas frais.

En France, il est tout à fait courant de sortir de chez soi le matin pour le petit déjeuner, d’aller acheter sa baguette, et on prend sa baguette pour le petit déjeuner pour se faire des tartines et puis, le soir, quand on rentre, on finit la baguette qui est, qui permet oui, de faire, de passer un bon repas.

C’est vrai que c’est quelque chose qui est vraiment, vraiment traditionnel.

En France, il y a des boulangeries partout, il y en a vraiment énormément.

Ici, quand je suis arrivé, c’est vrai que j’ai pas l’impression qu’il y en ai beaucoup.

Les boulangeries, c’est quelque chose d’un peu… j’ai l’impression d’un peu luxueux, d’un petit peu atypique.

S: C’est-à-dire, nous…D’abord, il y a le pain blanc,

H: Hmmm…

S: « enrichit »

H: Oui.

S: Qu’on vend et qui, qu’on utilise pour les toasts etcetera, et c’est du très mauvais pain.

H: Hmmm.

S: Et nous, nous ne mangeons pas ça.

H: Hmmm.

S: Chez nous, on va au supermarché, il y a du pain qui vient d’être…

H : Ah oui.

S: enfin… fait.

Nous, on mange surtout du pain de seigle,

H : Hmmm.

S : enfin, ce genre de pain, pas tellement le pain, le pain blanc.

Mais il est exact que ce, c’est pas la même fraîcheur qu’en France où vous avez…

H : Oui.

S: …des boulangers à tous les coins de rues,

H: C’est ça.

Quand on va, quand on va chercher le pain, il vient d’être sorti du four, et c’est vrai que c’est quelque chose qui est assez, qui est vraiment… Je sais pas si c’est unique à la France.

J’ai l’impression qu’il y a aussi à peu près, il y a un peu la même chose en Espagne, en Italie, quand j’y avais été.

S: La caricature du français, c’est le gars à midi avec sa baguette…

H: Oui.

S: sous le bras, là…qui rentre…

H: Oui, oui.

S: avec son journal et qui rentre chez lui.

H: Oui.

S: avec le béret basque et…

H: Alors, ça…le béret basque, j’en ai pas trop trop vu, mais c’est vrai que, un français, oui, il a toujours, il doit toujours avoir sa, a toujours sa ration de pain, de pain frais chaque jour.

Quand je travaille, quand je travaillais, à midi on allait se prendre un sandwich.

S: Oui.

H: C’était, entre guillemets, le « déjeuner typique », quand on n’avait pas trop le temps manger.

S: Oui.

H: Ici, il y a pas trop de magasins qui vendent des sandwichs, comme ça, tout fait, avec du pain qui vient d’être fait.

S: Effectivement.

À part le pain?

H: À part le pain?

Ah, il y a aussi le fromage.

Le fromage, c’est… ici, je pense… dans une grande partie du monde, il est assez peu varié.

En Europe, je ne vais pas dire en France, parce qu’en Italie, ils ont un très bon fromage.

S: Et en Espagne.

H: En Espagne aussi, ils ont du très bon fromage, et même il y a des régions, je crois, en Allemagne et en Suisse, où ils font du très très bon fromage aussi.

S: Oui.

H: C’est vrai que c’est quelque chose qui est, je pense, plus spécifique à l’Europe, mais ça manque un petit peu.

Mais le fromage, on peut en trouver ici même, dans…dans des marchés, dans des, même dans des supermarchés qui ont parfois un petit rayon où on peut trouver du bon fromage.

Alors que le pain, c’est beaucoup plus ardu parce que le fromage, ça peut se garder plusieurs semaines…

S: Oui.

H: Ah !

Aussi, quelque chose d’amusant que des amis français m’ont dit, c’est que pas très loin d’ici il y a un magasin qui vend que du fromage,

S: Oui.

H: Et ce qu’ils me disaient c’est, ce qui est très intéressant, c’est quand il commence à être un petit peu passé, ils les mettent à moitié prix.

Ils disaient pour un français c’est très intéressant parce que, ici c’est, le fromage, apparemment oui, quand il est un peu passé, pour un français, c’est là qu’il commence à être bon.

Alors que, pour la plupart des gens, c’est hou!

Il commence à être moisi, il sent pas très très bon, et apparemment, c’est quelque chose qui avait, qui l’avait enfin, qui nous avait beaucoup amusé.

S: Bon.

Donc, il y a pain, fromage, ensuite?

H: Par contre, quelque chose qui contrairement à ce qu’on aurait pu penser parce que les vins français ont une certaine réputation dans le monde, et je trouve que les vins d’ici sont très bons.

Il y a pas du tout de problèmes, évidemment, on ne retrouve pas les mêmes saveurs qu’en France, mais…

S: Oui.

H: Il y a quand-même du bon vin et une… je pense, c’est mon opinion personnelle, mais qu’il y a… les français sont un petit peu arrogant quand il s’agit de leur vin!

C’est le vin français, c’est forcément le meilleur, alors que, il y des très bons vins Californiens, des très bons vins de, qui viennent d’un peu partout.

S : Oui.

H: Il ne faut pas non plus s’imaginer qu’on est « les tops ».

Je pense que les, certainement, beaucoup de très très bons vins viennent de France, mais le vin, je pense que c’est quelque chose qui est beaucoup plus universel qu’on ne le croit.

Et ça, c’est quelque chose qui, finalement, me manque assez peu.

On peut toujours trouver des bons vins locaux, je pense en Amérique du Nord, assez facilement.

S: Oui, oui.

Effectivement.

Bon, donc, c’est le vin.

Ensuite?

H: Ensuite?

Ah…il y a, il y a tout un tas de choses.

Il y a… quand je… j’ai pas tellement fait la cuisine depuis que je suis arrivé, mais il y a pleins de petites choses qui manquent dans… quand on a… Quand on est, quand on est français, on est quand-même beaucoup d’ingrédients assez spécifiques dans les supermarchés qui sont difficiles à trouver ici.

Par exemple, ici, il y a que de l’huile d’olive.

Quand on veut trouver de la bonne huile, il y a que de l’huile d’olive, et pour trouver de l’huile de noix ou ce genre de choses…

S: Oui.

H: … qui permet de faire la cuisine, de changer un petit peu, c’est un petit peu, un petit peu plus difficile.

Mais, ce… ça…

S: Il y a quand-même l’huile de sésame, l’huile de tournesol, etcetera mais il y a pas ces huiles…

H: ces huiles un peu particulières

S : exotiques…

H : un peu particulières, mais c’est quelque chose par contre qui a tendance un petit peu à disparaître.

En France, c’est de plus en plus dur de trouver de bons ingrédients, c’est, on va pas, c’est pas pour faire le français ronchon …

S: Oui.

H: Mais oui, on est en, on est un petit…au niveau de la nourriture, j’ai l’impression qu’il y a un petit, peut-être un petit retour en arrière, et qu’il y a des… on est moins sur la qualité qu’avant.

S: Je vais te donner mes impressions…

H: Hmmm.

S: … de la France parce que là, avec ma femme, on a passé… nos impressions sur les points que tu as mentionnés.

Le pain, le pain français est bien meilleur en France qu’ici.

H: Humm.

S: Bien qu’il y a quand-même, on peut avoir du mauvais pain en France.

H: Oui.

Oui.

S: On peut avoir de mauvais croissants, on peut avoir du mauvais pain, même dans les bistros, etcetera.

H: Hmmm.

S: Et si on va chez le boulanger, généralement, on a du très bon pain.

H: Oui.

S: Le vin, effectivement, je crois que là…mais il y a quand-même pas mal de variété en France aussi.

H: Oui.

S: Mais je ne trouve pas nécessairement qu’un vin de Bordeaux, de Bourgogne, etcetera est mieux que même, par exemple, j’ai beaucoup apprécié en France les vins du Madiran

H: Hmmm.

S: …enfin, des vins locaux, etcetera, qui étaient excellents, mais le vin, même le vin du Canada, de l’Okanagan, en rouge et en blanc, je le trouve très bien…

H: Oui, oui.

S: maintenant j’aime beaucoup les vins de l’Argentine, par exemple,

H: Hmmm.

S: Qui sont excellents, très bonnes valeurs…

H: Oui, oui.

S: … et bon espagnols, enfin, portugais, il y en a partout.

Ce que nous a impressionné en France, c’est les supermarchés.

H: Hmmm.

S: C’est la variété non seulement de fromages, de vins aussi, mais de tous les produits de conserves, de soupes aux poissons, confits de canard…

H: Hmmm.

S: Mais alors la variété, là, est juste… et les poissons…

H: Hmmm.

S: Les poissons qu’on voit non seulement chez le marchand de poisson, dans la rue mais même dans les supermarchés, il y a pas cette variété de poissons ici.

H: Oui.

S: Et poisson qui est frais et délicieux.

H: Hmmm.

S : Même la qualité des légumes est meilleure en Europe.

H : Oui.

S : Pas uniquement en France, mais on trouve que les tomates, ils ont un meilleur goût là…

H : Oui.

S : …que chez nous.

H : Oui.

S : Ici, ils sont peut-être plus rouges…

H : Oui, un peu plus brillantes, mais…

S : Voilà.

Ensuite, on a été déçu par les restaurants chers, en France.

H : Oui.

Ça c’est…

S : Et ça, parce que j’ai, on était avec un groupe, qui nous ont amené à un restaurant je ne sais pas combien d’étoiles, enfin…

H : Hmmm.

S : Où les serviteurs avaient de l’attitude, comme on dit en anglais…

H : (rire)

S : … de la nourriture très recherchée, mais finalement, c’était pas mieux qu’autre chose.

H : Hmmm.

S : Ce qui nous a impressionné, surtout… même à Paris, mais aussi là où on était, dans le sud-ouest, c’est qu’avec soit quinze euros par personne, ou vingt-cinq, ou même quarante, si on veut vraiment être extravagant…

H : Hmmm.

S: …mais on mange très très très bien…

H : Oui, oui.

S : Au Canada, si on veut beaucoup dépenser, on peut aussi bien manger.

H : Oui.

S : Alors, le chef, peut-être qu’il vient de France, et je sais pas où.

H : Hmmm.

S : Il a fait ses études.

Il est allé chercher des ingrédients, et puis c’est très bon.

H : Hmmm.

S : Mais, c’est cher.

H : Oui, oui.

S : Mais on peut pas, pour dix-huit euros ou l’équivalent…

H : Hmmm.

S : manger aussi bien ici qu’on le fait en France.

H : Oui, oui, oui.

S : Donc, ça indique pour moi qu’il y a une profondeur de la tradition et il y a une demande de la part de tout le monde, des gens, des consommateurs…

H : Hmmm.

S : qui demandent un niveau, une variété, un niveau de qualité qui est plus élevé que chez nous.

H : Hmmm.

S : Et c’est le marché qui dicte finalement.

H : Oui, oui.

Les français sont impitoyables là-dessus quand ils ont pas aimé un restaurant, ils reviendront jamais dans ce restaurant, même si jamais c’est le seul qui est ouvert le soir.

S : Oui.

Et je crois que souvent les restaurants chers, c’est plutôt les hommes d’affaires, là qui y vont pour impressionner leurs clients et c’est pas évident que c’est, c’est un, vraiment, que ça va, que ça vaille la peine.

H : Oui, oui.

J’ai, c’est vrai que j’ai pu manger dans quelques restaurants très… très chers, quand-même, d’un certain prix à Paris, et j’ai été très impressionné par un, mais sinon, ça restait un petit peu, oui, bon, la différence ne justifiait pas.

Par contre oui, on peut trouver des restaurants absolument succulents dans Paris mais il faut, c’est toujours, il faut les connaître.

S : Ah, oui.

H : Il faut savoir.

Il y a des…il y avait un restaurant, par exemple, pas très loin d’où j’habitais Rue du château…

S : Oui.

H : qui a été fait par un ancien chef qui travaillait dans un très grand restaurant ; il a ouvert son petit restaurant et c’est vraiment très bon.

S : Oui.

H : On peut y manger comme dans un très très grand restaurant pour quelque dizaines d’euros et c’est vraiment, c’est vraiment très bon, il y a une très très… la cuisine est splendide, le service est impeccable.

S : Bon.

Bien, sur ce point, on va terminer.

H : Oui.

S : Dans l’espoir que dans une prochaine conversation tu vas nous donner les noms de ces bons restaurants à Paris.

H : Ah, mais peut-être, peut-être!

Restez à l’écoute!

S: Voilà, okay.

Merci, au revoir.

H: Au revoir.

Le Monde Virtuel I

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S: Bonjour, Henry.

H: Bonjour, Steve.

S: Comment ça va, aujourd’hui?

H: Et bien, comme d’habitude, c’est extraordinaire.

S: Ah bon.

Alors, l’habitude c’est extraordinaire.

H: Voilà.

Non, mais là…

S: Oui?

H: Là, c’est différent.

C’est encore mieux.

S: Oui.

H: Parce qu’aujourd’hui, on a du soleil, alors…

S: Oui.

H: alors qu’on a eu de la pluie pendant toute la semaine.

S: Oui.

Et pendant l’hiver, ici, à Vancouver, il pleut quand même beaucoup.

H: Il a plu.

Ça, on peut pas… Je pense que le jour où la sécheresse, on aura une sécheresse à Vancouver, c’est qu’il y aura vraiment eu un gros problème dans le monde.

S: Voilà.

Bon, la dernière fois, on a parlé un peu de communautés virtuelles.

H: Mmm.

S: Comment on crée une communauté virtuelle?

Parce que, finalement, c’est ça que nous voulons faire avec LingQ.

C’est parmi nos…

H: Oui, c’est…

S: …nos buts.

C’est… nous voulons faire cela.

Mais comment est-ce qu’on peut le faire?

H: Alors, dans l’histoire, il y a eu pas mal de… pour créer une communauté, il y a pas besoin de grand-chose; juste un moyen pour les gens de communiquer.

Il faut savoir que des… sur Internet très tôt il y a eu des communautés qui sont créées avec ce qu’on appelait les BBS, qui sont, qui étaient des sortes de forums.

Alors, les gens avaient leurs ordinateurs et leurs modems, se connectaient aux BBSs, téléchargeaient les messages, répondaient aux messages et ce… et ça a marché comme ça.

Et ça s’est créé très très tôt avec la technologie.

Même dès les premières heures d’Internet, les premiers chercheurs utilisaient ça beaucoup pour communiquer.

Et donc, je pense que le, enfin, je pense, c’est quelque chose d’accepté qu’une communauté se crée à partir du moment où on peut avoir un moyen de communication entre deux ou plusieurs personnes.

On a… on peut très facilement créer une communauté.

Après, il y a des choses, évidemment, qui permettent de faciliter, d’augmenter les possibilités de créer des communautés.

Notamment, le fait de connecter les gens, simplement.

Parce que, évidemment, quand on a des forums de discussions, il y en a des milliers, des milliers, on sait jamais trop auquel aller.

Donc, ça, c’est parfois, ça peut être intimidant … et surtout chaque communauté en générale a ses règles, des règles qui ne sont pas dites.

Quand on arrive sur certains forums, il faut se présenter au début; sur d’autres forums, c’est tout à fait inapproprié.

Et…donc, il y a toutes ces choses-là, qui sont très importantes, et sur les sites actuellement dits “les sites communautaires”, ils créent justement tout un environnement pour faire ça.

Il y a…ça inclut les moyens de s’envoyer des messages rapidement, le… ce qu’on appelle les amis, c’est les listes d’amis…

S: Oui.

H: de pouvoir avoir des listes d’amis, et de pouvoir regarder dans le liste d’amis de ses amis pour pouvoir se faire d’autres amis…

S: Oui.

H: Tout ça permet de…

S: Avec des profiles…?

H: Oui.

Tous ces profiles de chaque personne qui se présente.

C’est vrai qu’on a tendance, l’être humain est un animal qui est très très visuel.

Donc souvent…

S: Oui.

H: … le fait d’avoir une photo sur le profile, on trouve…ça permet tout de suite de beaucoup plus marquer, de marquer beaucoup plus les esprits qu’un simple nom.

Je pense que si jamais sur un forum, je vois ta photo avec marqué «Steve» à côté, ça va beaucoup plus me parler que si jamais je vois juste marqué «Steve».

S: Oui, oui, bien sûr.

Et peut-être aussi des moyens pour inviter ses amis, pour amener des gens, peut-être qui ne connaissent pas cette communauté qu’on veut justement attirer vers la communauté parce que, bon, c’est une façon de faire, c’est d’agrandir-là…

H: Oui, oui.

C’est assez intéressant, les invitations, parce qu’il y en existe deux types qui ont beaucoup marché sur Internet.

Le premier type est celui qui est le plus courant, c’est celui qui est utilisé par Facebook ; c’est que les gens se connectent et Facebook envoient des invitations à tous les contacts, mais n’importe qui peut s’inscrire, on n’est pas forcé d’avoir une invitation.

Et il y a un autre type d’invitation qui marche aussi, qui marche apparemment beaucoup, beaucoup mieux mais ça dépend du contexte, c’est l’un…c’est les sites où pour s’inscrire il faut être obligé d’être invité.

Cette une sorte de…

S: Oui.

H: site V.I.P.

C’est ce qui est utilisé sur certains réseaux sociaux au Japon.

Je sais qu’au Japon ça marche beaucoup comme ça.

S: Oui.

H: On est obligé de connaître quelqu’un à l’intérieur pour pouvoir rentrer et Google mail faisait ça aussi au début.

Quand on voulait s’inscrire sur Google mail, il fallait connaître des gens qui avaient des invitations et on ne pouvait pas s’inscrire sur Google mail comme ça.

Bon, maintenant, Google mail, tout le monde peut s’inscrire, mais je pense que ça a participé beaucoup au succès que, au début, pour utiliser Google mail, il fallait le vouloir, il fallait faire un petit effort, et je pense que ça a contribué à populariser ce service.

S: Oui.

Et là, ce sont parmi les idées que, voilà, qu’on va considérer dans la…disons le développement de la communauté à LingQ?

H: Oui, oui.

Histoire de donner une ambiance un peu plus, un peu plus communautaire, un peu plus salle de classe, parce que c’est vrai que, c’est tout, quand on est tout seul face à son ordinateur en train d’apprendre cette liste de mots, parfois, c’est pas ce qui est plus motivant.

Alors, c’est vrai que sur LingQ déjà il y a quelque chose de très intéressant, c’est les évènements, le fait de pouvoir parler sur Skype…

S: Oui.

H: …le fait de pouvoir discuter avec des vraies personnes, sans forcément devoir sortir de chez soi, mais c’est vrai qu’on peut, que le but c’est aussi de faire plus de mettre des gens plus en contact,

S: Oui.

H: …parce que on peut apprendre une langue tout en parlant bien évidemment, mais on peut aussi écrire, lire ce que les gens, ce que les autres font, ça permet, c’est une sorte d’émulation, c’est vrai que c’est, je pense que c’est beaucoup plus facile d’apprendre quand on est entouré de personnes qui apprennent.

S: C’est exactement ça.

Et c’est ce que nous voulons faire aussi.

Là, tu as parlé d’émulation et même de compétition.

H: Hmmm.

S: Si on peut indiquer, enfin le niveau d’activité de différents…

H: Oui.

S: … différents membres…

H: Hmmm.

S: …et combien de mots ils ont sauvegardé, et combien de mots ils ont écrit, enfin les différents niveaux d’activité selon la langue qui est étudiée, enfin les gens qui apprennent l’espagnol ou le chinois, le japonais, qui sont les plus actifs.

Aussi, je crois qu’il est important, dans nos évènements, les discussions que nous avons, et même l’écriture qu’on corrige, qui est aussi une façon pour l’apprenant de communiquer avec le tuteur.

C’est aussi une interaction.

H: Oui.

C’est ça.

S: C’est pas uniquement la question de se faire corriger un texte.

H: Oui, oui.

S: Et tout cela, on veut le faire relier avec notre méthodologie d’apprentissage.

Donc, les gens participent à la communauté, ils s’amusent, ils se font des amis, ils font des activités, mais à chaque étape, il y a une méthodologie parce que, finalement, on veut, et eux, les membres, ils veulent que leur niveau d’anglais, de français, de japonais, etcetera, s’améliore.

H: Oui.

S: Donc, ils…nous, nous voulons construire une communauté qui sera une communauté virtuelle comme les autres, mais très étroitement reliée à notre méthodologie, qui est basée sur l’importance de faire croître son vocabulaire…

H: Oui.

S: …de choisir, d’étudier des choses qui sont intéressantes à soi, donc, qui est motivant et, mais aussi d’utiliser ces mots et ces phrases et tous ce qu’on a appris mais d’une façon qui est quand même un peu structurée.

C’est pas uniquement une question de parler pour parler.

H: Oui.

S: Il faut quand même que ça amène quelque part.

H: Oui, oui.

Mais, ça c’est vrai que c’est quelque chose, je pense, qui va beaucoup marcher dans LingQ, parce que c’est vraiment quelque chose qui est… C’est pas comme, parfois on peut le voir un peu un gadget.

Là, en ce moment, il y a une sorte de «buzz» énorme au niveau de la communauté, et si jamais on n’a pas eu une communauté, ça va pas ; mais pour LingQ, ça se justifie réellement en tout cas beaucoup plus que pour, je pense, d’autres sites qui jouent uniquement sur le fait que, qu’ils vont créer une communauté, et de penser que ça va suffire alors que oui, il faut un vrai, un réel sujet derrière, il faut que la communauté, elle se crée autour de quelque chose.

S: Bien oui, et puis une chose, il y a pas mal de sites, et je crois que c’est une bonne chose, où on peut trouver des amis.

Donc moi, j’apprends le russe, je suis anglophone.

Il va y avoir quelqu’un qui est russophone, qui parle le russe, et qui veut apprendre l’anglais.

On va se donner rendez-vous.

On va parler trente minutes en russe et trente minutes en anglais.

H: Hmmm.

S: Ça peut fonctionner.

Ça peut même être très bien.

Mais chez nous, c’est différent.

Vous voulez parler en russe, vous allez faire un rendez-vous avec quelqu’un qui va parler en russe.

S: Vous n’êtes pas obligé d’offrir l’anglais ou le français comme récompense.

Donc, on sépare les deux choses.

H: Oui.

S: … et la discussion, ça sera une discussion un peu quand même structurée.

H: Hmmm.

S: Et donc, reliée avec toutes les autres activités d’apprentissage que vous faites sur le site.

Donc, c’est un peu différent de ces communautés qui sont très bien d’ailleurs, c’est une autre chose.

H: Oui.

S: C’est complémentaire, c’est autre chose.

Mais par contre, en revanche, nous savons que, il faut que nous, avec ce que nous avons maintenant, qui est très efficace point de vue système d’apprentissage des langues, il faut que nous augmentions cet aspect communauté… jouir de la langue, s’amuser avec la langue.

H: Oui, oui.

S: S’amuser avec les autres, avoir du «fun», comme on dit au Québec.

H: Mais oui.

C’est… vraiment, c’est vrai que c’est quelque chose je trouve très intéressant, c’est quand on arrive à passer le stade de lutter avec les mots et d’arriver à avoir une vraie conversation, le premier moment d’excitation où on, ça communique, ça marche!

S: C’est sûr.

Bon, voilà.

Il y a un tas de choses à faire.

C’est très intéressant de discuter des possibilités sur l’Internet et, finalement, on est un peu au début.

C’est comme l’âge des chemins de fer, de l’électricité, des téléphones, etcetera…

H: Oui, oui.

S: Après trente ans, qu’est-ce que ça va avoir l’air?

On ne sait pas.

H: Oui.

S: Bon, merci beaucoup.

Merci beaucoup, Henry.

À la prochaine.

H: Merci, Steve.

Au revoir.

Kosovo and Beyond

Want to study this episode as a lesson on LingQ? Give it a try!

Marianne et Steve discutent de la situation au Kosovo et ailleurs. Marianne and Steve talk about world affairs and the situation in Kosovo.

S: Bonjour, Marianne.

M: Bonjour, Steve.

S: Comment ça va, aujourd’hui?

M: Ça va bien.

S: Bon.

Moi, ça va bien, merci.

Aujourd’hui, j’aimerais discuter un peu de la politique internationale.

Et, en Europe, ce qui est bien loin de nous, ici au Canada, en Europe, il y a un problème qui date déjà depuis assez longtemps.

C’est le problème du Kosovo.

Et, qu’est-ce que tu penses?

Est-ce que… Qu’est-ce que tu penses de la situation aujourd’hui au Kosovo?

M: C’est une situation très compliquée.

S: Évidemment.

M: Le Kosovo… ce sont les Albanais, qui sont majorité au Kosovo, demandent leur indépendance, et à mon avis, je peux me tromper, mais accorder l’indépendance au Kosovo pourrait être les germes d’une guerre future.

S: Oui.

M: Parce que les… oui?

S: Pourquoi?

J’allais justement demander pourquoi.

M: Les Serbes et les Albanais, je ne pense pas qu’ils pourront s’accorder, peut-être pendant un certain temps, je ne sais pas comment ça pourrait se passer, mais d’ici quelques années, oui, il pourrait y avoir une autre guerre.

J’ai… D’après ce que j’ai lu, la Yougoslavie aurait été crée après la première guerre mondiale, c’est un pays créé.

S: Oui.

M: Et plusieurs peuples ont été mélangés, les frontières ont été découpées sans tenir compte des différents peuples et des années après cette…ce redécoupage, il y a eu la guerre que tous le monde connaît, qu’il y a eu en Yougoslavie, et la Yougoslavie a éclaté.

S: Oui.

M: Et maintenant, le Kosovo veut se séparer de la Serbie et demander son indépendance.

S: Oui.

Enfin, c’est une question très difficile, parce que…

M: Oui.

S: …d’une part, si les Albanais, les gens d’origine Albanaise, sont majoritaires…

M: Oui.

S: …au Kosovo, et qui, s’ils s’expliquent clairement pour l’indépendance, selon le principe de l’autodétermination, il y a pas mal de pays qui seraient, qui sont favorables à cette position.

Par contre, je sais que le Kosovo est considéré par les Serbes comme parti intégrale…

M: Le cœur de la Serbie.

S: Voila.

Le cœur de leurs mythes nationales…

M: Oui.

Et c’est ça qui bloque, c’est ça qui bloque, donner le Kosovo… C’est assez délicat comme problème.

Je ne suis pas Albanaise, je ne suis pas Kosovar, je ne suis pas Serbe, donc c’est délicat de parler, mais la situation est compliquée depuis des années et je pense que dans les années futures… c’est assez délicat.

S: Oui, mais c’est pas l’unique exemple de peuple ou d’ethnie qui se trouvent dans un pays où peut-être la majorité de ces gens-là est…

M: À l’origine, à l’origine, c’était Serbe.

S: Oui.

M: Maintenant, c’est devenu en majorité Albanais, donc ils veulent leur indépendance.

Ça peut se comprendre d’un certain côté, mais si on regarde… si on regarde du point de vue Albanais ou Kosovar, bon, ça se comprend, qu’ils veulent leur indépendance…

S: Oui.

M: … mais, de l’autre côté, si on voit par rapport au Serbes, c’est… c’était Serbe d’origine.

S: Oui, enfin, d’origine.

C’est-à-dire, le… la bataille qu’il y a eu, ça date du quinzième siècle.

Je ne sais pas.

Il y a eu pas mal de mouvements de peuples depuis le quinzième siècle, quand même.

Il y a l’Amérique du Nord, qui a été peuplé par des Européens, il y a les Turques qui sont venus s’installer en Anatolie.

Enfin, il y a eu un tas de mouvements de peuples!

Alors, le fait… et même-si on va cinq, six cents ans en arrière, les Arabes étaient biens installés en Espagne… Enfin, on ne peut pas dire, parce que, bon, puisqu’il y a cinq, six cents ans, c’était comme ceci, donc aujourd’hui ça devrait continuer à lettre, c’est difficile.

M: Oui, très difficile.

S: C’est difficile.

Ça me rappelle, par exemple, il y a une autre… si on continue la discussion-là, des… enfin, sur la scène internationale, j’ai vu que, ce matin, dans le journal, que… en Belgique, il y a eu une «Miss Belgique», donc, je ne sais pas Mademoiselle Belgique… enfin, couronner la femme, je sais pas comment ça se dit en français… Miss Belgique, non?

Miss Belgium?

M: Tu peux répéter?

Je n’ai pas entendu.

S: Il y a eu un Miss Belgium.

Vous savez?

On a des concours là.

Miss France, Miss Universe, etcetera.

Miss Belgium.

M: Oui.

S: Miss Belgique.

Alors, là, cette femme, ne parle pas le flamand, le néerlandais!

C’est quelqu’un qui viens donc, qui est francophone, et dont un des parents est même Tchèque, donc elle parle le Tchèque, elle parle le français, l’anglais, mais elle ne parle pas le néerlandais.

Et ça a causé un scandale.

Une scandale?

M: Un scandale.

S: Un scandale.

Qu’est-ce que tu en penses?

Est-ce que quelqu’un qui est élu Miss Belgium, enfin, Miss Belgique, je sais pas comment on dit ça en français…

M: Oui, Miss Belgique.

S: …Miss Belgique.

Est-ce que elle doit, en principe, pouvoir parler les deux langues?

M: En principe, oui.

Elle parle l’une des langues nationales.

S: Oui.

M: Mais, il serait recommandé de parler les deux langues.

Enfin, apparemment, si elle a concouru à cette… à ce concours, cela n’a pas été, ça ne lui a pas été demandé.

S: Oui, mais il me semble, parce que…

M: Mais,

S: Oui.

M: Il serait logique qu’elle… vu qu’elle représente la Belgique, qui est un pays où il y a des flamands et des wallons, il sera recommandé qu’elle parle les deux langues.

S: Oui, même plus que recommandé, de mon avis, parce que…

M: Oui!

S: Elle représente le pays.

Il me semble, même si quand on voit c’est Miss Belgique, Miss…n’importe quoi, bon, on trouve toujours qu’il faut que ça soit une très belle fille, mais il paraît qu’on leur pose des questions, il faut que ça soit aussi…

M: … l’intellectuel compte aussi, oui.

S: Oui, il faut qu’ils aient quelque chose dans la tête et à ce moment-là, ne pas pouvoir parler une des langues nationales, de mon avis, enfin j’imagine mal…

M: Elle représente la moitié du pays, on peut dire.

S: Et d’ailleurs la majorité du pays… C’est pas comme si les flamand étaient une petite minorité là.

M: Les flamands sont majoritaires.

S: Ils sont majoritaires.

M: Oui.

S: Oui.

Mais je ne peux pas dire pour certain que, au Canada, toutes les Miss Canada ont étés… parlaient le français couramment.

Mais, je crois que… ils doivent… elles doivent!

M: Logiquement, oui.

S: Oui.

Logiquement, oui.

M: C’est un pays où il y a deux langues.

Oui.

Normalement.

S: Oui, mais comment ça va se passer en Belgique, là?

Est-ce que le pays va éclater là?

En Belgique.

Est-ce que tu crois que le pays, ils vont se diviser en deux parties?

M: Alors là, bonne question.

S: Tu connais un peu la situation là en Belgique, non?

Tu la suis…

M: Un peu.

S: Oui.

M: Aussi, c’est aussi délicat à parler, parce que… il y a des… certains partis qui agitent un peu, en faisant peur, ils veulent faire peur aux Belges qu’il va y avoir de l’indépendance, enfin, la séparation.

Il y a vraiment des Belges qui veulent cette séparation, mais apparemment, ce n’est pas la majorité.

Là cette semaine, je n’ai pas suivi, mais je ne crois pas qu’ils ont trouvé encore un gouvernement stable depuis quelque mois à la suite des élections qu’il y a eu en Belgique, il n’y a toujours pas eu de gouvernement et de premier ministre fixe.

S: Ça évolue, ça continue à évoluer.

M: Ça évolue.

S: On a un peu les même problèmes au Canada, enfin, ce n’est pas les mêmes, mais c’est… il y a des problèmes semblables.

M: C’est une chaîne sans fin.

Les français sont minoritaires.

S: Oui.

M: Mais ils veulent avoir plus de droits.

S: Oui.

M: Ce qu’on conteste des flamands.

Les fran… des … je dis pas tous, donc, et encore je dis «les français», je devrais dire «les wallons», parce que, ils sont en Belgique.

Les… certains wallons ne veulent pas faire l’effort d’apprendre le néerlandais.

Et, en voyant ça, certains flamands, et j’ai vu un reportage il n’y a pas longtemps, que dans une ville flamande, le maire interdisait à tous ses habitants de parler le français.

C’est une chaîne sans fin, enfin, donc…

S: Interdiction!

Quoi?

Avec des amendes ou…?

M: Oui!

S: Ils allaient les mettre en prison ?

Enfin, comment on interdit aux gens…?

M: Non, peut-être pas jusque là, mais apparemment c’était respecté et les panneaux… une personne qui parlait français, elle arrive, elle parle français, mais ce qu’il y a pour demander un papier, aller dans l’administration ou dans un commerce, si la personne ne parle pas le néerlandais, enfin le flamand il y a un petit problème, parce que les employés ne vont pas parler français.

Les panneaux d’indication, là… en principe, c’est marqué en flamand et en wallon,, en français.

Là, tout ce qui est écrit en français, c’est rayé.

Donc, c’est une chaîne sans fin… Je sais pas où ça va mener, mais…

S: Mais, voila, là je crois qu’aujourd’hui, on a pas mal discuté des problèmes internationaux.

On va continuer ça la prochaine fois.

M: D’accord.

S: C’était très intéressant.

Merci beaucoup, Marianne, et à la prochaine.

M: À la prochaine.

What is difficult?

Study the transcript of this episode as a lesson on LingQ, saving the words and phrases you don’t know to your database. Here it is!

Henry et Steve se demandent ce qui est difficile dans l’apprentissage du français. Henry and Steve talk about what is difficult in learning French. Il ya eu un petit problème technique et ils ont terminé subitement. There was a minor technical problem and the discussion ended suddenly.

Steve: Bonjour Henry.

Henry: Bonjour Steve.

Steve: Comment ça va aujourd’hui?

Henry: Ca va très, très bien et toi?

Steve: Ca va très bien, ça va très bien.

Aujourd’hui là, j’ai une question à te poser.

Henry: Oui

Steve: Enfin parce que je parle plusieurs langues comme toi aussi, enfin au moins l’anglais et le français

Henry: Oui, voilà.

Steve: Chaque langue a sa difficulté.

Henry: Oui.

Steve: Bon.

Quelles sont les difficultés majeures selon toi, pour les gens qui veulent apprendre le français?

Henry: Je connais beaucoup de gens qui ont appris le français et qui m’ont dit que le principal problème du français, ce n’était pas d’apprendre les règles mais d’apprendre les exceptions.

Le français est une langue d’exceptions.

Il y a beaucoup d’exceptions et de cas particuliers et c’est ce qui rend, à mon avis, le français beaucoup plus difficile qu’une langue comme l’anglais ou l’espagnol.

Il y a beaucoup de choses à savoir, qu’on est obligé d’apprendre par cœur.

C’est comme-ça, il y a pas vraiment, il y a toujours une explication mais ce n’est pas toujours en donnant l’explication qu’on va mieux comprendre pourquoi est-ce que c’est comme ça, pourquoi est-ce que c’est autrement.

Steve: Oui.

Ca me rappelle, j’ai lu un livre ; quand j’étais en France, j’ai acheté plusieurs livres au sujet de l’éducation en France.

Justement, la personne qui a écrit le livre citait des exemples d’explications de grammaire, mais qui étaient des… c’étaient des non-sens parce que c’est, dans ce cas-ci, mais enfin il y a ce cas là et puis il y a l’autre cas etc.

On essaie de tout expliquer puis finalement on n’explique rien.

Henry: Oui, oui les explications n’aident pas forcément… c’est comme ça, souvent il y a des choses, on peut tout à fait, éventuellement si on est intéressé, savoir pourquoi est-ce comme-ça mais ça ne va pas aider à mieux parler la langue.

Steve: Mais je crois que ce n’est pas unique au français, parce qu’en anglais il y a beaucoup, beaucoup d’exceptions.

Il y a peut-être moins de règles, mais il y a autant d’exceptions.

Effectivement, moi je considère le français comme une langue qui est plus structuré que l’anglais car il y a davantage de règles, et en effet ça me surprend de t’entendre dire qu’il y a davantage d’exceptions parce que j’ai toujours trouvé qu’il y a beaucoup d’exceptions en anglais.

Mais je vais te poser une question.

Si je te dis, par exemple, qu’est-ce que c’est que le subjonctif?

Est-ce que ça te dit quelque chose, le subjonctif?

C’est quoi, le subjonctif?

Henry: Oui, oui ça me dit quelque chose.

Alors, je ne saurais pas t’expliquer exactement mais, par exemple, quand on pense à quelque chose dans le passé, que quelqu’un dit, “il aurait fallu que j’aille quelque part”, il me semble que ça, c’est du subjonctif mais ma grammaire n’est pas très, très fraîche, donc il est possible que je me trompe.

Steve: C’est très amusant parce que… bon, en anglais le subjonctif existe mais la plupart des gens, si on demande à un anglophone c’est quoi le subjonctif, il ne sait pas.

En anglais, le subjonctif qui a presque disparu de la langue, c’est quand on dit “I wish I were” on ne doit pas dire “I wish I was”.

Mais la plupart des gens aujourd’hui disent “I wish I was”, mais enfin… Donc c’est toujours quand il y a une anticipation, il y a une volonté; c’est là où c’est un peu indirect donc comme “il aurait fallu que j’aille” bon, c’est le subjonctif.

Henry: Oui.

Steve: Mais je crois que, quand on entend ces expressions-là, et si on les voit suffisamment souvent, on finit par les utiliser correctement plus ou moins sans savoir un tas de règles et de théories, je crois.

Henry: Oui, oui, oui.

Steve: Donc les règles, subjonctif peut-être.

Le conditionnel, est-ce que ça cause des problèmes?

Henry: Pour un français c’est assez simple, je n’ai pas le souvenir que les natifs aient eu beaucoup de problèmes avec le conditionnel, mais oui c’est peut être un concept, je ne sais pas si il y a vraiment d’équivalents en anglais ou dans les autres langues.

Steve: Dans les langues latines oui, mais en anglais les concepts, la signification qu’on veut exprimer, ça existe “If I had known”, enfin je ne sais pas quoi.

Ce que j’entends souvent des francophones, il y en a qui disent “si j’avais su, si j’aurais su”.

Alors que l’un ou l’autre est faut.

Henry: Oui.

Steve: En fait c’est si j’avais su, j’aurais fait.

Henry: Oui, oui c’est ça.

Steve: J’aurais fait.

Henry: J’aurais su.

Quand on dit ça, quand les Français quand ils disent ça en français ce genre de faute, en général, j’ai l’impression que ça donne une… la personne qui dit ça aura l’air stupide à mes yeux.

Mais il y a beaucoup de comiques français d’ailleurs qui jouent là dessus, qui font de l’humour là-dessus sur des fautes assez graves souvent, de grammaire et quelques comiques comme un comique qui est très connu en ce moment, qui s’appelle Gad Elmaleh qui fait un spectacle là dessus et il utilise des fautes de grammaire ou des idiomes mal utilisés.

Steve: Mais en anglais aussi, enfin dans toutes les langues je crois qu’il y a beaucoup de gens qui parlent en fait, si on veut, mal.

Mais des fois c’est comme ça que la langue évolue aussi.

Henry: Oui, oui.

Steve: Les gens, ils prennent l’habitude de parler mal et tout le monde commence à parler mal et ça devient donc l’usage.

Henry: Oui.

Après les Académies se disent puisque c’est l’usage, la langue c’est ça maintenant, c’est plus les anciennes règles.

Steve: C’est comme par exemple en français, ce qui est unique au français, parmi les langues latines, c’est qu’on a une espèce de double négatif, c’est-à-dire “je ne sais pas, je ne sais point, je n’en sais rien”.

C’est toujours double, ce n’est pas le cas en espagnol, par exemple.

Henry: Oui, je ne connais pas trop l’espagnol.

J’ai pris quelque cours d’espagnol, mais c’est vrai que l’espagnol à l’air d’être plus simple à ce niveau-là.

À pas mal de niveaux, l’espagnol est une langue assez simple.

Steve: “Jo no se, je ne sais pas, Jo no se”.

Henry: Oui.

Steve: Ou bien aussi, le français complique les choses, on dit “je bois de l’eau… de l’eau”; mais les espagnols disent “je bois eau”.

Henry: Oui, oui.

C’est beaucoup plus simple.

Je ne me souviens plus, mais j’avais une amie espagnole qui m’avait expliqué tous les problèmes qu’elle avait à apprendre le français.

Pourquoi est-ce que dans tel exemple c’est comme ça, et dans tel autre exemple c’est comme ça.

Parfois ça dépend même du contexte, donc c’est un peu…il faut pratiquer, je pense que c’est la meilleure façon…toutes les langues mais en particulier le français.

L’espagnol, je pense que beaucoup de gens peuvent arriver à parler l’espagnol sans vraiment le pratiquer puisque que les règles sont assez simples.

Finalement, l’espagnol est une langue assez simple, alors que le français, il y a vraiment je pense une pratique qui est beaucoup plus nécessaire.

Steve: Il y a des gens justement, souvent je suis des forums là sur Internet, où l’on discute des langues, il y a des gens qui disent que l’espagnol, la grammaire est plus compliquée, la grammaire est plus compliquée que le français.

Henry: Oui.

C’est sans doute les verbes.

Steve: Oui, les verbes.

Henry: Les verbes en espagnol c’est la grosse difficulté de l’espagnol mais mis à part ça, du peu de ce que j’ai entrevu de l’espagnol, ça reste quand même assez simple.

On peut très vite faire le tour de toutes les règles, et de tout les cas particuliers qui existent.

Tout ce qui reste finalement, c’est les verbes qui sont effectivement beaucoup plus, qui ont différentes formes, il y a beaucoup de verbes irréguliers.

Ca, il faut l’apprendre.

Steve: Tu sais, ce que je trouve difficile en français en comparaison avec l’espagnol, c’est le masculin et féminin.

Henry: Ah, oui mais ça…

Steve: Parce qu’en espagnol si ça se termine en “O”, c’est masculin et si ça se termine en “A”, c’est féminin.

Henry: Oui, oui, oui.

Steve: Donc si par exemple maintenant, je disais par exemple “le” grammaire, c’est “la” grammaire.

Henry: Oui.

Steve: Bon, vocabulaire se termine en “e”.

Bon, la plupart des mots en français qui se termine en “e” sont féminins.

Donc je dis dans ma tête, je dis “vocabulario”.

Ah, bien sûr c’est “le” vocabulaire.

Henry: Oui.

Steve: En français, ça n’aide pas beaucoup.

Henry: Oui oui, il y a pleins de choses.

Il y a même….

French LingQ Podcast

Study this episode and any others from the LingQ French Podcast on LingQ! Check it out.

Steve: Aujourd’hui, on va commencer le premier podcast en français, et nous avons ici avec nous, Henry Prêcheur, qui est un vrai français…je crois, enfin.

Henry: Tout à fait, oui.

Ah, Je n’ai pas passé toute ma vie en France mais quasiment toute ma vie.

Steve: Ah bon?

Henry: Oui, j’ai vécu six ans en Afrique aussi.

Steve: Ah bon, où en Afrique?

Henry: En Egypte et au Kenya.

Steve: En Egypte et au Kenya… parce que vos parents, votre père travaillait là?

Ah bon.

Henry: C’est pour ça que j’y ai été quand j’étais enfant.

Je n’ai pas beaucoup de souvenir, mais c’était une grande, grande expérience.

Steve: Est-ce que vous avez appris l’arabe, et le je ne sais pas quoi, qu’est-ce qu’ils parlent au Kenya?

Henry: Le Souali.

Steve: Le Souali?

Henry: Non, non, non, non.

On parlait plutôt, là où on était, on parlait plutôt anglais.

Steve: Oui!

Henry: Mais non, les langues locales, il n’y a pas beaucoup de moyen de l’apprendre.

Peut- être qu’un jour il y aura un LingQ pour apprendre l’arabe et surtout le Souali.

Steve: Bien sûr, mais ça va sans dire, ça va sans dire.

Bon, je vais présenter Henry, parce que Henry est un de nos programmeurs qui travaille justement sur le développement de notre système, programmeur très doué.

Nous sommes allés en France le chercher parce qu’il avait toute une gamme d’expérience et de talent qu’on ne trouvait pas ailleurs, n’est-ce pas?

Non, mais comment ça se fait que vous êtes au Canada?

Tu es au Canada, finalement on va se tutoyer.

Henry: Je suis venu au Canada tout simplement pour l’envie de voyager, ça faisait un petit moment que j’avais commencé à travailler en France.

Voilà, une occasion s’est présentée d’aller au Canada.

J’habitais à Paris ; Paris est une grande ville, il n’y a pas beaucoup de nature, il y a beaucoup plus de nature ici au Canada, et spécialement à Vancouver.

Et puis il y a l’envie de changer d’air, et surtout oui, le fait de pouvoir éventuellement travailler à LingQ.

Steve: Bien sûr. Mais comme ça, je crois que tu es originaire de Nancy.

Henry: Oui, voilà.

Steve: Qui est dans quel département de la France?

Henry: C’est en Meurthe-et-Moselle, ça se situe dans la région Lorraine, c’est à l’est de la France, ce n’est pas très loin de l’Allemagne et de la Belgique.

Steve: Oui.

Henry: C’est une petite ville qui est assez récente, ça va faire une petite centaine d’années qu’elle s’est développée.

Steve: Oui. C’est au sud ou au nord de Strasbourg?

Henry: C’est à peu près la même hauteur que Strasbourg, c’est à l’ouest de Strasbourg plutôt.

Steve: Est-ce que là les gens… parce que je sais qu’à Strasbourg les gens parlent presque une… c’est un patois de l’Allemand, si je ne m’abuse?

Henry: Oui.

Steve: Et à Nancy, est-ce qu’il y a un patois local?

Henry: Non, non, non pas vraiment.

Les gens parlent français, français français; mais, il y avait quelques patois locaux mais ça a complètement disparu aujourd’hui, plus personne ne parle le patois dans le coin, même si c’est vrai que la Lorraine a été rattachée assez récemment à la France.

Steve: Rattachée.

Henry: Oui.

A la base, c’était un duché donc qui était, il y avait un Duc de Lorraine qui présidait en quelque sorte la région, et c’était sous Louis XVI ou Louis XV, ça été rattaché au royaume de France.

Steve: Ah bon?

Henry: Oui, oui, oui.

Steve: Mais c’était au moment de la guerre entre la Prusse et la France que la Lorraine, non?

Alsace Lorraine?

Henry: Non, ça c’est encore une autre chose.

L’Alsace, une partie de la Lorraine est passée en territoire, à l’Allemagne pendant… sous l’époque de Napoléon 3.

Il y a eu une guerre effectivement entre la Prusse et la France, mais après l’Alsace et la Lorraine ont été repris, et elles ont été reperdu pendant d’autres guerres mais oui, c’est une histoire assez compliquée.

Steve: Compliquée.

Mais, donc quand tu es arrivé ici à Vancouver, est-ce que tu as éprouvé des difficultés à communiquer en anglais?

Est-ce que ça crée des problèmes pour toi?

Henry: Oui, oui, parce que j’avais évidemment appris l’anglais à l’école, mais l’apprentissage de l’anglais à l’école n’est pas vraiment motivant.

Ce qui m’a fait plus apprendre l’anglais c’est mon travail, parce quand on travaille dans la programmation, tout est en anglais.

J’ai aussi été amené à lire beaucoup de documentation en anglais mais je ne savais pas vraiment m’exprimer, parler oralement en anglais.

Je pensais que je pouvais le faire, mais en réalité, tant qu’on ne pratique pas, on n’est pas vraiment à l’aise.

Donc, j’avais un petit peu parlé dans des cafés, dans des bars à Paris à des Anglais, mais ça se limitait à quelques conversations assez rapides et c’est vrai que le début a été un peu difficile, mais au bout de quinze jours, on arrive assez vite à communiquer.

On se débrouille beaucoup mieux qu’au début.

Steve: Oui et je sais que, enfin, tous nos amis qui nous écoutent, qui apprennent le français avec LingQ s’impatientent, pourquoi ça prend si longtemps?

Est-ce que vos programmeurs sont extra lent, qu’est-ce qui se passe?

Enfin j’ai, chaque jour, j’ai un tas d’e-mails, des gens qui se plaignent, non ce n’est pas vrai!

Mais comment ça marche, comment ça va avec le développement de LingQ maintenant?

Henry: Ça se passe bien.

On fait beaucoup de progrès, il y a beaucoup de choses qui devraient arriver d’ici peu de temps, mais comme pour tout développement il faut toujours être prudent, essayer de bien tester les choses en interne, car je pense qu’il n’y a rien de pire pour un utilisateur de se retrouver sur un produit non fini ou mal fini.

Donc ce qu’on essaye de faire, ce qu’on va faire c’est d’introduire de nouvelles fonctionnalités, le plus tester possible, de la meilleure qualité possible, pour que le confort soit là et que, plus, le but étant de bien sûr de plus introduire des nouvelles fonctionnalités qui vont permettre de mieux apprendre mais, surtout des fonctionnalités qui vont marcher, qui vont être facile à utiliser, qui vont faire que les gens vont vraiment prendre plaisir à apprendre les langues, en tout cas plus que sur les autres systèmes.

J’avais essayé d’utiliser quand j’étais plus jeune un CD-Rom d’apprentissage des langues et c’est toujours très compliqué.

On ne comprend pas toujours ce qui se passe, où on veut en venir et souvent c’est très ennuyeux.

Steve: Oui, c’est exact.

Je blaguais quand je disais que l’on est impatient.

On est impatient, mais on ne veut pas quelque chose qui ne fonctionne pas bien.

Je dois dire aussi que notre site est quand même d’une très grande complexité, très grande complexité à beaucoup de niveaux.

Surtout maintenant, je crois qu’on veut mettre l’accent sur l’aspect, bon, que ça soit plaisant, que ça soit agréable.

On va mettre l’accent sur tout ce qui est communauté etc.

pour que les gens puissent avoir du plaisir, parce que justement comme tu avais dit dans l’école, la plupart des gens n’aiment pas l’étude des langues.

Donc, ce n’est pas la peine de faire un système qui ne soit pas plaisant, que les gens n’aiment pas utiliser.

Donc tout ca, ça implique beaucoup de conception d’un site, mais aussi de travail sur toute la complexité, et d’être sûr que tout fonctionne bien.

Henry: Tout fonctionne d’une manière plaisante même pour, quand les utilisateurs, les gens qui ne connaissent pas LingQ, c’est toujours difficile quand on travaille sur un produit qu’on sait vraiment là où on veut en venir, d’essayer de faire comprendre aux gens aussi pourquoi le système est comme ça, pourquoi il faut l’utiliser de telle façon et pas d’une autre.

Parfois, c’est des choses qui sont difficiles.

Je pense que c’est vraiment quelque chose, c’est l’objectif de toute application d’avoir… d’être le plus simple et le plus facile à utiliser.

C’est un problème à tous les niveaux dans la vie actuelle, c’est une télécommande pour une télévision c’est toujours très compliquée à utiliser ; quand on regarde par exemple l’Ipod, l’Ipod c’est simplissime, et pourquoi est-ce que la télévision n’est pas comme ça?

Le but, c’est d’essayer de devenir un peu l’Ipod de l’apprentissage des langues.

Que tout le monde se disent oui, il y a pas, c’est la seule façon de faire, parce que c’est la meilleure, parce c’est la plus simple.

Et ça, c’est quelque chose sur lequel on essaye de travailler énormément.

Steve: Je crois que, j’admets que nous avons mis beaucoup d’accent sur la fonctionnalité.

J’avais certains principes de l’apprentissage des langues et peut être qu’on est allé des fois, je l’avoue, un peu trop loin dans cette direction-là.

Maintenant il faut qu’on rende le site plus facile, plus agréable etc.

et c’est pour cela qu’on est très content que Henry est venu faire partie de notre équipe, et je crois que je suis très confiant, qu’on va arriver à créer, enfin, à nous, c’est vous les programmeurs qui vont créer

Henry: tout le monde est impliqué…

Steve: enfin, le meilleur site pour l’apprentissage des langues.

Voilà, ça été le premier podcast en français et j’espère qu’on va en faire d’autres.

Henry: Il faut!

Steve: Il faut, il faut, il faut!

Okay, merci Henry.

Henry: De rien. Merci, Steve.

Steve: Okay, au revoir!